Quel luminaire pour une salle de bain ? Volumes, indice IP et bons réflexes
Varnys
La salle de bain est la seule pièce du logement où le choix d'un luminaire obéit à une règle écrite : trois volumes, délimités par une seule cote, 2,25 m du sol fini.
Le piège n'est pas là où on le cherche. En volume 1, c'est la tension qui décide et non l'indice IP, et le boîtier DCL y est interdit.
Reste le confort : les lumens, les appliques du miroir, les kelvins, et le cas d'une salle de bain sans fenêtre.
01Trois volumes, et la cote de 2,25 m qui les délimite
La norme découpe la salle d'eau en zones appelées volumes, numérotées selon leur proximité avec l'eau. Plus on s'approche de la baignoire ou de la douche, plus les exigences montent.
Un point de vocabulaire avant tout : la NF C 15-100 a été révisée le 23 août 2024 et éclatée en une série de normes. La partie salle d'eau porte désormais la référence NF C 15-100-7-701, d'application obligatoire depuis le 1er septembre 2025.
Le volume 0, et le volume caché sous la baignoire
C'est la zone de réception directe de l'eau, à l'intérieur de la baignoire ou du bac de douche. Pour une douche à l'italienne, sans receveur, ce sont les dix premiers centimètres au-dessus du sol fini.
Presque rien n'y est autorisé. Un éclairage n'y est admis qu'en très basse tension de sécurité, limitée à 12 V en courant alternatif ou 30 V en continu, avec un indice IPX7, c'est-à-dire protégé contre les effets de l'immersion temporaire.
L'espace situé sous la baignoire ou sous le receveur ne fait pas partie du volume 0. Il constitue une zone à part, appelée volume caché, limitée elle aussi à la très basse tension de sécurité et à un indice IPX4 au minimum.
Le volume 1, jusqu'à 2,25 m du sol fini
Le volume 1 est la zone située au-dessus du volume 0, jusqu'à 2,25 m au-dessus du sol fini, avec pour limite latérale les bords extérieurs de la baignoire ou du bac.
Pour une douche sans receveur, la zone prend la forme d'un cylindre de 1,20 m de rayon, de la même hauteur, centré sur la sortie d'eau. Si la pomme fixe se trouve plus haut que 2,25 m, le volume monte jusqu'à elle.
Le volume 2, soixante centimètres autour
Le volume 2 forme une bande de 0,60 m de largeur tout autour du volume 1, du sol fini jusqu'à la même hauteur de 2,25 m.
C'est souvent là que se trouve le miroir, donc les appliques qui l'encadrent. L'indice minimal y est IPX4, porté à IPX5 si la zone est soumise à des jets de nettoyage.
Le hors-volume, où les règles tombent
Tout ce qui se situe au-delà est hors volume, et les restrictions de tension disparaissent. Un luminaire d'intérieur ordinaire y trouve sa place, sur un circuit protégé par un dispositif différentiel 30 mA comme le reste de la pièce.
Le volume 3 n'existe plus. Il a été supprimé par l'amendement A5 de 2015, applicable aux logements neufs dont le permis a été déposé à compter du 27 novembre 2015. Une source qui mentionne encore quatre volumes n'est plus à jour.
02En volume 1, c'est la tension qui décide, pas l'indice de protection
C'est le point que la plupart des guides manquent, et il change tout à l'achat.
En volume 1, l'indice de protection ne suffit pas : la norme n'y admet que la très basse tension de sécurité, 12 V en alternatif ou 30 V en continu. Un luminaire alimenté en 230 V y est interdit, même annoncé IP65.
Autrement dit, un modèle très bien protégé contre l'eau peut être parfaitement inutilisable au-dessus d'une baignoire, pour une raison qui n'a rien à voir avec l'eau.
Le 230 V redevient possible en volume 2, à condition que le luminaire soit de classe II, à double isolation, sur un circuit protégé par un dispositif différentiel 30 mA.
| Volume | Indice minimal | Alimentation admise |
|---|---|---|
| 0 | IPX7 | TBTS 12 V~ ou 30 V= uniquement |
| 1 | IPX4 | TBTS 12 V~ ou 30 V= uniquement |
| 2 | IPX4 | Classe II sur DDR 30 mA, ou TBTS |
| Volume caché | IPX4 | TBTS |
| Hors volume | Aucun lié au volume | 230 V sur DDR 30 mA |
L'indice passe à IPX5 dans les volumes 1 et 2 lorsque la zone est soumise à des jets de nettoyage, ce qui vise davantage un local collectif qu'une salle de bain de logement.
Le transformateur d'un éclairage en très basse tension reste, lui, hors des volumes 0, 1 et 2.
03Lire un indice IP, et pourquoi IP44 ne veut pas dire étanche
L'indice de protection s'écrit avec deux chiffres. Le premier concerne les corps solides, poussières comprises ; le second, celui qui compte ici, concerne l'eau.
- IPX4 : protégé contre les projections d'eau venant de toutes les directions.
- IPX5 : protégé contre les jets d'eau à la lance.
- IPX7 : protégé contre les effets de l'immersion temporaire.
Le X signifie que la protection contre les solides n'est pas spécifiée. Un luminaire annoncé IP44 offre donc bien la protection IPX4 recherchée dans les volumes 1 et 2.
Une précision vaut d'être posée nettement : la norme internationale qui définit ces indices ne connaît pas le mot étanche. Elle décrit des essais, rien d'autre.
Un IPX4 encaisse les éclaboussures d'un lavabo et la vapeur d'une douche ; il ne résiste ni à un jet dirigé, ni à l'immersion. Un modèle présenté comme « IP44 étanche » emploie une qualification qui n'a aucune définition normative.
L'indice de protection et la tension d'alimentation figurent sur la fiche de chaque modèle, parmi les luminaires VARNYS et leur indice de protection.
04Le boîtier DCL, interdit exactement là où on l'attend
Le dispositif de connexion pour luminaire, ou DCL, est ce socle normalisé qui permet de brancher un luminaire sans intervenir sur le câblage. Il est exigé dans le neuf et la rénovation totale, pour les luminaires dont le courant assigné ne dépasse pas 6 A.
Il n'est pas rétroactif : un logement existant dont l'installation n'est pas refaite n'a aucune obligation de mise à niveau.
Et voici ce que presque aucun article de luminaire ne dit : les socles et douilles DCL sont interdits dans les volumes 0 et 1.
La conséquence est concrète. Au-dessus d'une baignoire, il n'y a pas de prise DCL en attente, et il ne peut pas y en avoir. Le raccordement s'y fait autrement, en très basse tension, par un électricien.
En volume 2, le DCL redevient possible, à condition d'être au minimum IPX4 : soit laissé en attente avec un obturateur, soit recouvert par un luminaire conforme.
Trois autres cas dispensent de DCL : un luminaire de courant assigné supérieur à 6 A, un point d'éclairage à allumages multiples, et l'impossibilité constructive d'encastrer une boîte de connexion dans le support.
05Les lumens à installer, et les lux qu'ils produisent
La quantité de lumière se mesure en lumens, le lux étant ce qui arrive sur une surface : un lux vaut un lumen par mètre carré.
Pour l'éclairage général d'une salle de bain, VARNYS retient 200 à 350 lux. Une pièce de 6 m² demande donc 1 200 à 2 100 lumens au total, toutes sources confondues.
Devant le miroir, l'éclairage de tâche vise plus haut, de l'ordre de 500 lux. Deux appliques délivrant chacune 500 à 600 lumens couvrent le besoin.
Un point mérite d'être dit franchement : aucune norme n'impose de niveau d'éclairement dans une salle de bain de logement. Les valeurs ci-dessus sont des repères de confort, pas des obligations.
La NF C 15-100 traite de sécurité électrique. Les seules exigences en lux du droit français visent les lieux de travail, les établissements recevant du public et les parties communes d'immeuble.
06Les appliques du miroir, de part et d'autre et jamais au-dessus
C'est le poste le plus souvent négligé, et celui qui change le plus le résultat.
Un plafonnier seul éclaire le dessus du crâne et creuse des ombres sous les yeux, le nez et le menton, exactement là où il faut voir clair pour se raser ou se maquiller.
Deux appliques placées de part et d'autre du miroir, à hauteur de visage, éclairent de face et suppriment ces ombres. Une source unique au-dessus du miroir recrée une partie du problème qu'elle était censée résoudre.
La hauteur se prend sur la ligne de regard d'une personne debout, soit 1,60 à 1,80 m du sol, dans la fourchette retenue pour toute applique murale.
Reste à vérifier le volume. Un miroir surmontant un lavabo se trouve le plus souvent en volume 2 ou hors volume ; un miroir voisin d'une douche peut tomber en volume 1, où la très basse tension redevient la seule option.
07Les kelvins et l'IRC, ce que le miroir révèle
Deux réglages décident du rendu d'un visage, et ils se lisent tous deux sur l'emballage.
La température de couleur
Comptez 2 700 à 3 000 K pour l'ambiance, autour d'une baignoire en fin de journée. Devant le miroir, montez à 3 500 à 4 000 K : le blanc devient plus franc et les teintes de peau plus fidèles.
Au-delà de 5 000 K, le rendu devient dur et fatigue les yeux le matin. Un modèle à température réglable fait les deux sur un même luminaire.
L'IRC, et ce que le maquillage devient dehors
L'indice de rendu des couleurs mesure sur 100 la fidélité avec laquelle une source restitue les couleurs. Un IRC de 80 suffit pour l'éclairage général.
Devant le miroir, visez 90 ou plus. C'est ce qui permet à un maquillage appliqué le matin de garder la même teinte une fois dehors, à la lumière du jour.
Deux luminaires de même flux et de même température peuvent rendre un teint très différemment. C'est la donnée la moins mise en avant et l'une des plus visibles à l'usage.
08La salle de bain sans fenêtre travaille seule du matin au soir
Sans lumière naturelle, aucun repère extérieur ne vient corriger le rendu. L'installation porte tout, ce qui déplace deux exigences.
La première est l'IRC. Ce qui était recommandé devant le miroir devient utile partout : 90 sur l'ensemble des sources, faute de quoi les matières et les teintes n'ont aucune référence pour être lues correctement.
La seconde est la répartition. Une source unique au centre du plafond crée un point chaud et laisse les angles dans l'ombre, défaut qu'une fenêtre corrigerait en journée.
Deux registres valent mieux qu'un niveau unique tenu toute la journée : un niveau soutenu le matin, un niveau bas le soir, obtenus par gradation ou par deux circuits distincts.
Le reste tient aux surfaces. Un carrelage clair et un plafond blanc renvoient la lumière au lieu de l'absorber, et un grand miroir double la profondeur apparente d'une pièce que rien n'ouvre par ailleurs.
09Questions fréquentes
QQuelle différence entre IP44 et IP65 ?
Le premier chiffre porte sur les solides, le second sur l'eau. IP44 protège des corps de plus d'un millimètre et des projections venant de toutes les directions. IP65 ajoute l'étanchéité complète à la poussière et la tenue aux jets à la lance. Dans un logement, IPX4 couvre les volumes 1 et 2.
QEst-ce qu'un luminaire IP44 est étanche ?
Non, et le mot n'existe pas dans la norme. Le texte international qui définit ces indices décrit des essais, jamais une étanchéité. Un IPX4 résiste aux projections, pas aux jets ni à l'immersion. La formule « IP44 étanche » n'a donc aucune définition normative derrière elle.
QQuelle est la norme pour les luminaires dans une salle de bain ?
La NF C 15-100, révisée le 23 août 2024 et éclatée en série : la partie salle d'eau porte la référence NF C 15-100-7-701, d'application obligatoire depuis le 1er septembre 2025. Elle encadre la sécurité électrique, volumes, indices et tensions admises, et rien d'autre.
QQuel éclairage au-dessus d'un lavabo ?
Deux sources verticales de part et d'autre du miroir plutôt qu'une seule au-dessus, à hauteur de visage, 500 à 600 lumens chacune et un IRC d'au moins 90. Une source en surplomb recrée l'ombre sous les yeux qu'on cherchait précisément à supprimer.
QCombien de lumens sont nécessaires pour éclairer une salle de bain ?
Comptez 200 à 350 lux en éclairage général, soit 1 200 à 2 100 lumens pour une pièce de 6 m². Le miroir se compte à part, autour de 500 lux, apportés par des sources dédiées. Aucune norme n'impose ces valeurs : ce sont des repères de confort.
QFaut-il choisir un LED blanc chaud ou froid pour la salle de bain ?
Les deux, à des endroits différents. De 2 700 à 3 000 K pour l'ambiance autour d'une baignoire, de 3 500 à 4 000 K devant le miroir, où la fidélité des teintes de peau prime. Au-delà de 5 000 K, le rendu devient dur.