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  • Applique murale verticale de laiton allumée dans un panneau étroit de boiseries gris-vert, sa lumière montant et descendant le long du mur, au-dessus d’une banquette de velours ocre.
  • Applique murale verticale ou horizontale : ce que l’orientation change

    Varnys


    Une applique murale verticale ou horizontale se fixe au même mur, se branche sur la même arrivée, et pourtant les deux ne font pas le même travail. La différence tient dans le sens du corps, et elle se voit avant même d’allumer.

    Il y a d’abord ce que le nom d’une applique dit de sa forme, et ce que le vocabulaire de l’architecture en savait déjà. Vient ensuite la question de l’axe : de quel côté la lumière sort, et ce qu’elle rencontre sur la paroi.

    Restent les proportions du pan de mur qui doit la recevoir, puis une habitude ancienne, celle de poser les appliques par paire, dont il faut savoir quand elle s’impose encore.

    ✦À retenir
    1Une applique se définit par sa fixation, pas par sa forme : l’orientation appartient à l’objet, et c’est parfois son nom qui la révèle.
    2Debout, elle éclaire vers le haut et vers le bas du mur. Couchée, elle éclaire de part et d’autre, le long de la paroi.
    3Le choix de l’orientation se joue moins sur la pièce entière que sur le pan de mur qui la reçoit.
    4Une applique verticale appelle volontiers sa jumelle ; une horizontale peut se suffire à elle-même, parce que sa longueur fait déjà le travail d’encadrement.

    01Ce que le nom d’une applique dit de sa forme

    Les dictionnaires s’accordent sur une chose : une applique se définit par sa fixation, pas par sa forme.

    Le Trésor de la langue française la décrit comme un appareil d’éclairage fixé sur une paroi verticale ; le Dictionnaire de l’Académie française, dans sa neuvième édition, comme un appareil d’éclairage fixé à un mur.

    Le Larousse en fait un dispositif destiné à être fixé à une paroi, et donne pour synonyme « bras de lumière ».

    Aucune de ces définitions ne dit si le corps est debout ou couché. L’orientation n’appartient donc pas au mot : elle appartient à l’objet, et c’est parfois son nom qui la révèle.

    Le bras de lumière, l’ancêtre des deux

    Avant l’applique électrique, il y avait le bras. Le Trésor de la langue française le définit comme un chandelier mural à une ou plusieurs branches, qui portait à l’origine un ornement figurant un poing.

    L’Académie, dans son édition de 1878, précise qu’on l’attachait au mur ou à la boiserie, et qu’on le nommait ainsi parce qu’on lui donnait jadis, ordinairement, la figure d’un bras.

    Le Littré, dans son supplément, ajoute l’autre pièce du dispositif : une plaque de métal accrochée au mur, qui porte les flambeaux.

    Une plaque contre la paroi, un bras qui s’en détache : c’est la structure que décrivent encore les notices du musée du Louvre, où une paire de plaques de lumière datée de 1669-1670, œuvre d’un orfèvre, porte, en partie basse, un bras incurvé qui tient le binet.

    Ce schéma se retrouve dans les deux formes d’aujourd’hui. Quand la plaque s’allonge et prend toute la place, on obtient un corps plat, vertical ou horizontal, qui éclaire par ses extrémités.

    Quand le bras garde le premier rôle, on obtient une applique en saillie, dont la lumière part du bout du bras.

    Colonne et cimaise, deux mots qui tranchent

    Le vocabulaire de l’architecture a tranché depuis longtemps. Une colonne, pour le Trésor de la langue française, est un support vertical composé d’un fût, d’un chapiteau et d’une base.

    Une cimaise est une moulure horizontale : la partie supérieure d’une corniche, ou la boiserie à moulure placée à hauteur d’appui sur les murs d’une pièce.

    Un manuel de menuisier de 1857, cité par le même dictionnaire, la décrit comme une pièce de bois horizontale servant de couronnement aux lambris d’appui.

    Chez VARNYS, le Fovryna se pose debout, plus haut que large ; la Ciméva se pose couchée, plus longue que haute, comme une cimaise.

    Un mot mérite une précaution : la torchère.

    Dans les dictionnaires consultés pour cet article, elle désigne un grand chandelier porté sur une tige, sur un pied ou, pour le Trésor de la langue française, sur une applique ; l’Académie en fait un objet sur pied et cite celles de la galerie des Glaces.

    Une applique verticale peut s’en inspirer ; le mot désigne d’abord l’objet sur pied.

    02La lumière suit l’axe du corps

    Une applique murale verticale ou horizontale dont le corps est fermé sur ses faces et ouvert à ses extrémités envoie sa lumière là où elle peut sortir. C’est une observation de géométrie, pas une mesure. Debout, elle éclaire vers le haut et vers le bas du mur.

    Couchée, elle éclaire de part et d’autre, le long de la paroi.

    Cette direction compte, parce qu’elle décide de ce que la lumière rencontre.

    La Commission internationale de l’éclairage, dans son vocabulaire de 2020, appelle éclairage directionnel une lumière qui arrive de façon prédominante d’une direction donnée, et modelé l’effet de cet éclairage qui révèle la profondeur, la forme et la texture d’un objet ou d’une personne.

    Verticale : le mur se lit de haut en bas

    Quand la lumière descend ou monte le long d’une paroi, elle la frôle. Le Trésor de la langue française nomme cela la lumière rasante : une lumière dont la direction est presque parallèle au plan qu’elle éclaire.

    L’Académie dit la même chose, des rayons presque parallèles à la surface qu’ils atteignent.

    L’exemple que donne le dictionnaire vient de la conservation des tableaux, où l’on emploie cette lumière pour rendre plus évidentes les particularités d’une surface.

    Sur un mur, le principe est le même : un enduit, une moulure, un panneau de boiserie peuvent prendre du relief quand la lumière les longe au lieu de les frapper de face. Rien ne garantit l’effet sur un mur donné ; c’est un principe, pas un résultat.

    Une applique verticale travaille donc la hauteur du mur. Elle peut en révéler la matière et accrocher les horizontales qu’elle croise, et elle laisse les côtés dans une lumière plus calme.

    Debout ou couchée

    Les appliques VARNYS, dans les deux orientations

    Debout ou couchées : les appliques du catalogue, et dans leur nom, parfois, le sens de pose.

    Voir la collection

    Horizontale : la lumière court le long de la paroi

    Couchée, la même applique répartit sa lumière à gauche et à droite. Elle suit les lignes horizontales du mur au lieu de les traverser : une cimaise, un dessus de lambris, le dossier d’un canapé, le plateau d’une console.

    Le vocabulaire de la Commission internationale de l’éclairage décrit un dispositif voisin, l’éclairage en corniche : des sources dissimulées par un panneau parallèle au mur, qui distribuent la lumière sur ce mur.

    Ce n’est pas une applique, mais l’analogie dit bien ce que fait un corps horizontal : il étale.

    Ce que le mur renvoie dépend de sa couleur. Le guide de l’ADEME de 2012 sur l’éclairage des parties communes, réalisé avec le Syndicat de l’éclairage et l’Association française de l’éclairage, tient pour indispensables des parois de couleur claire pour que la lumière soit réfléchie.

    Les conseils de l’ADEME de 2025 le disent plus simplement : un mur sombre absorbe la lumière. Horizontale ou verticale, une applique sur un mur foncé perd ce renvoi.

    Une dernière précision : direct et indirect ne désignent pas l’orientation du corps. La Commission internationale de l’éclairage les définit par la part du flux qui atteint directement le plan utile. Une applique verticale peut être directe, indirecte ou les deux ; une horizontale aussi.

    Le même mur, deux axesLa lumière sort par les extrémités du corps :debout elle suit la hauteur, couchée elle suit la longueurcornichecimaiseVerticaleun trumeau étroit,la lumière monte et descendHorizontaleun long panneau, une console,la lumière court le long du murObservation de géométrie, sans mesure ni angle. Dessin schématique.Un corps qui masque la source la tient hors du regard.
    Deux appliques sur le même mur : la verticale dans un trumeau étroit, l’horizontale au-dessus d’une console. La lumière suit l’axe du corps.

    03Les proportions du mur décident

    Une applique compose avec ce qui l’entoure sur son mur : des ouvertures, des moulures, des meubles. Le choix de l’orientation se joue moins sur la pièce entière que sur le pan de mur qui la reçoit.

    Les mots pour nommer ces pans existent. Le trumeau, pour le Trésor de la langue française, est l’espace compris entre deux portes ou entre deux fenêtres, et aussi la glace qui décore le dessus d’une cheminée. Le lambris d’appui est la boiserie basse que couronne la cimaise.

    Une moulure est une bande taillée selon un profil constant dans toute sa longueur : elle a une direction, et l’applique peut la suivre ou la croiser.

    Un pan étroit entre deux ouvertures

    Un trumeau, un retour de mur, l’espace entre une porte et un angle : ces pans ont le plus souvent plus de hauteur que de largeur. Un corps vertical y tient sans toucher les ouvertures, et il prolonge la verticale des chambranles et des moulures qui l’encadrent.

    Un corps horizontal, au même endroit, demande une largeur qu’il n’a pas toujours. Posé près d’un chambranle, il manque de place ; posé en retrait, il perd la raison d’être de sa longueur.

    Dans les sources consultées pour cet article, aucune règle chiffrée ne tranche ces cas ; c’est la largeur disponible, mesurée sur place, qui le fait.

    Un mur long derrière un canapé ou une console

    Un mur de salon derrière un canapé, un mur de salle à manger au-dessus d’une console, un couloir : ces surfaces ont le plus souvent plus de largeur que de hauteur.

    Une applique horizontale y trouve une ligne à suivre, celle du dossier ou du plateau, et sa lumière s’étale sur la longueur du meuble plutôt que de s’arrêter au-dessus d’un seul point.

    Une verticale sur un mur long n’est pas une faute : elle crée un repère, et elle se répète volontiers par deux pour encadrer ce que le meuble a d’important.

    C’est là que la question de l’applique murale verticale ou horizontale rejoint celle du nombre, et que l’histoire a quelque chose à dire.

    04Par paire ou seule : l’héritage des bras de lumière

    Les notices de musée consultées pour cet article parlent souvent au pluriel.

    Au Louvre, un bras à trois lumières de la manufacture de Sèvres, daté de 1760, est décrit comme l’élément d’une paire ; un bras à trois branches attribué à Boulle appartient à un ensemble de quatre ; les plaques de lumière de 1669-1670 vont par deux.

    La symétrie, une habitude documentée

    Le Metropolitan Museum of Art de New York, qui conserve plusieurs bras de lumière parisiens du dix-huitième siècle, rappelle qu’ils étaient souvent placés de part et d’autre d’un miroir, pour que la glace réfléchisse et multiplie la flamme des bougies.

    L’usage est documenté par ce musée ; il n’est pas une règle, et les sources consultées pour cet article n’en font pas une loi.

    Ce que cette habitude dit, c’est qu’une applique verticale appelle volontiers sa jumelle : deux colonnes de lumière de chaque côté d’un miroir ou d’un passage dessinent un cadre.

    Une applique horizontale, elle, peut se suffire à elle-même, parce que sa longueur fait déjà le travail d’encadrement sur un seul axe.

    Ceux qui hésitent entre les deux familles peuvent regarder les appliques murales du catalogue, debout comme couchées, en lisant sur chaque fiche le sens de pose.

    Le couloir, un emplacement attesté depuis 1866

    Le Larousse de 1866, cité par le Trésor de la langue française, décrivait déjà l’applique comme une lanterne propre à éclairer, dans les grands hôtels, le vestibule, les corridors et les escaliers. Le Littré donnait à la torchère le même office.

    Le Louvre conserve un bras de lumière de 1862 dont la notice mentionne l’escalier d’honneur du ministère d’État.

    Le couloir est donc, de longue date, un lieu d’applique. L’orientation y suit la même logique qu’ailleurs : une verticale par deux pour marquer une porte ou l’arrivée d’un escalier, une horizontale pour accompagner la longueur du passage.

    Le guide de l’ADEME de 2012 range d’ailleurs les appliques murales parmi les luminaires courants des circulations, dans le cadre des parties communes de bâtiments qui est le sien.

    Sur un point, le vocabulaire de la Commission internationale de l’éclairage et le guide de l’ADEME de 2012 se rejoignent sans le chiffrer : l’éblouissement est à limiter.

    La Commission internationale de l’éclairage définit l’éblouissement direct comme celui que causent des objets lumineux situés dans le champ visuel, surtout près de la ligne de regard, et nomme cut-off la technique qui consiste à dissimuler la source.

    Applique murale verticale ou horizontale, un corps qui cache l’ampoule fait exactement cela.

    05Questions fréquentes

    QQuels critères privilégier pour bien choisir une applique murale verticale ?

    Trois choses se regardent avant le style. Le pan de mur : une verticale veut plus de hauteur que de largeur, un trumeau ou un retour de mur plutôt qu’un long mur nu. Les sorties de lumière : un corps ouvert en haut et en bas éclaire la paroi dans les deux sens. Et ce que la fiche déclare, matière du corps et finition de surface, que la lumière rasante peut révéler.

    QVaut-il mieux des appliques orientables ou fixes pour un couloir ?

    Une applique orientable ajoute un choix de direction, utile pour accentuer une porte ou un tableau. Dans un passage, l’enjeu est plutôt une lumière régulière, ce que la Commission internationale de l’éclairage nomme uniformité, et un éblouissement limité. Au catalogue, une applique déclare trois spots orientables.

    QComment éviter que mes appliques créent des zones d’ombre désagréables ?

    L’ombre est le revers de la direction : la Commission internationale de l’éclairage définit le modelé comme l’effet d’un éclairage directionnel, et un éclairage qui révèle le relief produit des ombres. Deux leviers les adoucissent : un mur clair, qui renvoie la lumière au lieu de l’absorber, comme le rappelle l’ADEME, et un corps ouvert aux deux extrémités, qui éclaire la paroi dans les deux sens.

    QQuand est-ce que doit-on envisager d’utiliser une paire d’appliques plutôt qu’une seule?

    Quand il y a quelque chose à encadrer. Les bras de lumière des musées vont par paire autour d’un miroir, d’un passage ; l’habitude est documentée dès le dix-septième siècle, et le Metropolitan Museum of Art l’explique par le reflet des bougies dans la glace. Une seule applique convient quand le mur n’a pas de point à marquer, ou quand elle est horizontale et que sa longueur fait l’encadrement.

    QQuelle différence entre une applique simple et une applique double éclairage ?

    Une applique simple ouvre sa lumière d’un seul côté ; une applique à double éclairage l’ouvre aux deux extrémités de son corps. Debout, cela donne une lumière vers le haut et vers le bas ; couchée, à gauche et à droite. La distinction porte sur la géométrie du corps, pas sur la part de lumière qui atteint le plan utile, par laquelle la Commission internationale de l’éclairage sépare direct et indirect.

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