Combien de temps dure une ampoule LED en moyenne ?
Varnys
Combien de temps dure une ampoule LED ? Le nombre d'heures affiché sur la boîte répond à une définition précise, et cette définition porte un nom : L70B50.
Converti en années, le même nombre suppose une hypothèse d'usage qu'il faut expliciter. Et la question du minimum exigible en Europe se pose avant de comparer deux fiches.
Reste ce qui lâche vraiment dans une lampe : l'alimentation ou la diode. Puis ce que change le luminaire dans lequel la lampe finit.
Le mode de source est précisé sur chaque fiche des plafonniers du catalogue.
01Le chiffre annoncé s'appelle L70B50, et il ne mesure pas une panne
Le règlement (UE) 2019/2020 sur l'écoconception des sources lumineuses en donne la définition, et elle surprend la première fois qu'on la lit.
La durée de vie d'une source LED y est le temps au bout duquel, pour la moitié d'une population, le flux est descendu progressivement sous 70 % du flux initial.
Deux informations tiennent donc dans le sigle : L70, le seuil de flux retenu, et B50, la part du lot qui l'a franchi.
À l'heure annoncée, la moitié des exemplaires éclairent encore, simplement moins qu'au premier jour. La mesure ne dit rien, elle, des pannes franches : elles se comptent à part.
D'autres notations existent, plus exigeantes. À seuil identique, un B10 demande que neuf exemplaires sur dix tiennent encore, contre un sur deux pour un B50 : l'échéance tombe plus tôt.
02Le même chiffre en années, et sous quelle hypothèse
C'est la conversion qu'on fait spontanément, et elle repose sur une hypothèse qu'il faut poser pour que le résultat veuille dire quelque chose.
Aucun texte européen ne pose de durée d'utilisation quotidienne conventionnelle. L'étiquette énergétique exprime la consommation en kilowattheures pour mille heures, sans dire combien d'heures par jour.
Toute conversion en années est donc un calcul d'illustration, jamais une valeur officielle. Encore faut-il annoncer l'hypothèse retenue.
À trois heures par jour, vingt-cinq mille heures font près de vingt-trois ans. À huit heures par jour, moins de neuf ans. Le chiffre ne bouge pas, l'usage si.
03Aucun minimum n'est imposé, et c'est le fabricant qui pose l'étalon
C'est le point qui renverse la lecture du chiffre, et il est écrit dans le règlement.
Ce que la valeur déclarée engage
Le règlement ne fixe aucune durée de vie minimale aux sources LED. Le fabricant déclare sa valeur, et cette valeur devient l'étalon de l'essai.
Le maintien du flux exigé au terme de l'essai se calcule à partir de la durée déclarée : plus elle est longue, plus l'exigence devient sévère, dans une limite de 96,0 %.
Une valeur gonflée se paie donc à l'essai. C'est un mécanisme de sincérité de l'annonce, pas un plancher de qualité.
L'essai que la lampe doit passer
L'essai d'endurance dure trois mille six cents heures, dont trois mille heures de fonctionnement, en mille deux cents cycles de cent cinquante minutes sous tension et trente minutes hors tension.
Il se déroule autour de vingt-cinq degrés et sous deux cent trente volts. À son terme, au moins neuf sources sur dix de l'échantillon doivent encore fonctionner.
L'essai porte donc sur trois mille heures de fonctionnement, quelle que soit la durée déclarée. L'écart d'échelle mérite d'être connu.
04Sur un parc suivi, c'est l'alimentation qui lâche, pas la diode
La durée annoncée décrit la baisse de flux d'une source. La panne franche, elle, a d'autres causes.
Le Département de l'Énergie américain a publié, sur un parc de luminaires LED en service totalisant deux cent douze millions d'heures de fonctionnement, une répartition des causes de défaillance : 73 % pour l'alimentation, 17 % pour l'intégrité du boîtier, 7 % pour les diodes elles-mêmes.
Le document précise que ces relevés proviennent du parc installé d'un seul fabricant et ne se généralisent pas à tous les produits. L'ordre de grandeur reste instructif.
Il déplace le critère de choix : le type de source entre dans la décision, au même titre que l'heure annoncée. À vérifier au catalogue, pour les plafonniers VARNYS et leur type de source.
05La même lampe ne tient pas forcément la même durée dans un luminaire
Le chiffre déclaré décrit une lampe testée seule, et la norme le dit elle-même.
La norme IEC 62612, qui régit les lampes LED à ballast intégré, précise dans son domaine d'application que les performances annoncées peuvent s'écarter des valeurs qu'elle établit lorsque la lampe est utilisée dans un luminaire, des composants de celui-ci pouvant influer sur sa performance.
Ses conditions de référence sont d'ailleurs précises : une tension comprise entre 92 et 106 % de la tension assignée, et une température ambiante de moins vingt à quarante degrés.
La norme prévoit donc elle-même l'écart : ses valeurs sont établies hors luminaire. L'heure annoncée reste vraie ; elle ne décrit simplement plus la même situation.
06Questions fréquentes
QEst-ce qu'une ampoule LED peut griller ?
Oui. La panne franche existe et se compte à part de la baisse de flux, qui est ce que mesure la durée annoncée. Sur un parc de luminaires suivi par le Département de l'Énergie américain, l'alimentation en était la cause dans 73 % des cas — un relevé portant sur un seul fabricant, que le document dit non généralisable.
QComment savoir si une ampoule LED est HS ?
Une lampe hors service ne s'allume plus, ou clignote. La baisse progressive de flux est tout autre chose : elle est lente, et c'est ce qui la rend difficile à percevoir. C'est pourtant elle, et non la panne, que la durée annoncée décrit.
QComment savoir si une ampoule LED est bonne ou non ?
La durée déclarée ne suffit pas : aucun minimum n'étant imposé, une valeur longue n'est pas en soi un gage de qualité. Elle est un engagement, que l'essai réglementaire vérifie d'autant plus sévèrement qu'elle est élevée.
QPuis-je mettre une ampoule LED sur n'importe quel luminaire ?
Le culot doit correspondre, et les conditions de fonctionnement aussi. La norme des lampes LED précise que les performances annoncées peuvent s'écarter une fois la lampe montée dans un luminaire, ce qui vaut aussi pour la durée.