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  • Suspension à globes de verre opalin allumés, à des hauteurs différentes, au-dessus d’une table de chêne dans une salle à manger aux boiseries crème : une lumière diffuse, sans ampoule visible à travers le verre
  • Quelle forme d’ampoule pour une suspension ? Code, culot et encombrement

    Varnys


    Choisir la forme d’ampoule pour une suspension, c’est choisir un objet qui pend sous un abat-jour, dans un globe ou à nu, et qui se verra peut-être autant que le luminaire. Sur un emballage ou une fiche, deux inscriptions peuvent se côtoyer, du type E27 et A60.

    Il y a d’abord le code de forme, et ce que désignent au juste sa lettre et son nombre. Puis le culot, dont il reste à savoir ce qu’il dit de l’ampoule, et ce qu’il tait.

    Vient l’encombrement, et la question de savoir où il se lit. Reste la finition du verre, dont il faut dire le rôle selon que l’ampoule pend à nu ou dans un globe.

    ✦À retenir
    1Une A60, dans ce système, est une ampoule de profil A dont le diamètre nominal est de soixante millimètres : la lettre décrit le profil, le nombre le diamètre ; dans les sources consultées, aucun code ne porte la longueur.
    2Le culot fixe l’attache ; il ne fixe pas la forme. Culot et code de forme relèvent de deux textes distincts de la Commission électrotechnique internationale.
    3Hauteur, largeur, profondeur : la fiche de la base européenne. Depuis 2021, l’emballage n’est plus tenu de donner les dimensions de l’ampoule ; la fiche enregistrée par le fournisseur les porte.
    4La dépolie diffuse par sa surface, l’opale par sa matière ou par une couche ; la claire, transparente, laisse voir la source.

    01Le code de forme : une lettre pour le profil, un nombre pour le diamètre

    Un mot de vocabulaire d’abord. Pour la Commission électrotechnique internationale, l’ampoule est l’enveloppe extérieure, en verre ou en autre matériau transparent ou translucide, qui renferme les éléments essentiels d’une lampe électrique.

    L’usage courant donne ce nom à la lampe entière, et le Larousse le suit.

    Choisir une forme d’ampoule pour une suspension, c’est donc choisir une enveloppe, et c’est elle que décrit le code de forme. La même Commission a publié en 2010 un rapport technique, la CEI TR 60887, consacré au système de désignation des ampoules de verre pour lampes.

    Un rapport technique n’est pas une norme : il recommande, sur le mode « il convient ».

    Ce qu’il recommande tient en deux symboles accolés, sans espace. Une à trois lettres, qui définissent la forme de l’ampoule ; puis un nombre, qui indique son diamètre principal nominal, en millimètres.

    Une A60, dans ce système, est une ampoule de profil A dont le diamètre nominal est de soixante millimètres.

    Millimètres d’un côté, huitièmes de pouce de l’autre

    Le rapport technique de la Commission ajoute une note qui explique bien des confusions. Dans certains pays, écrit-il, les diamètres d’ampoules sont exprimés en multiples de huitième de pouce, et il convient de déconseiller cet usage au profit du millimètre.

    Les États-Unis l’ont gardé.

    Le règlement fédéral américain sur l’efficacité énergétique, le programme ENERGY STAR de l’agence américaine de l’environnement et un rapport du laboratoire national du Pacifique Nord-Ouest pour le ministère de l’Énergie le confirment : le nombre y compte des huitièmes de pouce.

    Le programme ENERGY STAR donne l’A19 en exemple de ce diamètre en huitièmes de pouce : dix-neuf huitièmes, soit environ soixante millimètres par le calcul. Cela ne fait pas d’elle une A60 : le nombre d’un code ne se lit qu’en sachant de quel système il vient.

    Dans les deux systèmes, pour une ampoule ronde, le nombre donne un diamètre. Dans les sources consultées pour cet article, aucun code de forme ne porte la longueur de l’ampoule, qui est pourtant la cote que l’on mesure sous un abat-jour.

    Ce que la lettre décrit, et ce qu’elle ne nomme pas

    La table des lettres ne figure pas dans l’aperçu public du rapport de 2010. Elle se lit dans la norme indienne IS 14897 de 2000, fondée sur la publication de 1988 de la Commission. C’est à elle qu’il faut attribuer ce qui suit.

    G y désigne une forme globulaire, essentiellement sphérique ; le programme ENERGY STAR emploie le même G pour le globe. T y désigne une forme tubulaire, F une ampoule qui rappelle la flamme d’une bougie, avec des cannelures irrégulières sur les flancs.

    Le C demande une précaution. La norme indienne le nomme « Conical » : une extrémité conique raccordée au col par une section à peu près hémisphérique. Le type qu’elle appelle « candle », la bougie, est rangé sous le B, à côté d’un profil bombé.

    Deux lettres d’usage courant n’ont, dans cette table, aucun nom. A et P n’y reçoivent qu’une description géométrique : pour A, une extrémité sphérique raccordée au col par une courbe ; pour P, une extrémité sphérique prolongée par une section conique.

    Les « A pour standard » et « P pour poire » qui circulent ne viennent pas de ce texte.

    Un culot, trois formesLe culot dit comment l’ampoule se branche,le code de forme quel diamètre elle occupeun même culot pour les troisA6060 mm de diamètreG125125 mm de diamètreC3535 mm de diamètreProfils schématiques ; seul le diamètre nominal du code est figuré,au sens de la recommandation de la CEI. La longueur se lit dans la fiche.
    Trois profils sur un même culot : le code de forme donne le diamètre nominal de l’ampoule, pas sa longueur. Dessin schématique.

    02Le culot raccorde, il ne mesure pas

    Le culot est l’autre moitié de l’inscription. La Commission internationale de l’éclairage le définit comme la partie d’une lampe électrique qui assure sa connexion à l’alimentation par une douille et qui, dans la plupart des cas, la retient dans cette douille.

    Le Trésor de la langue française dit la même chose de la partie métallique qui se fixe dans la douille.

    Aucune de ces définitions ne parle de la taille de l’ampoule que porte le culot.

    Les dictionnaires qualifient d’ailleurs l’une et l’autre séparément : l’Académie française écrit « Ampoule à vis, à baïonnette », le Trésor de la langue française décrit une ampoule sphérique, ovale ou torsadée.

    Douille et forme

    Les suspensions VARNYS, et ce que chaque fiche déclare

    E27, G9 ou LED intégrée selon le modèle : la fiche dit la source, la fiche européenne de l’ampoule ses dimensions. La collection, avant de choisir la forme.

    Voir la collection

    Une norme américaine en donne l’illustration jusque dans son titre, cité par le règlement fédéral : elle traite des formes A, G, PS et similaires sur un même culot à vis, l’E26 américain. Le culot fixe l’attache ; il ne fixe pas la forme.

    Deux textes, deux comités

    La séparation n’est pas seulement de vocabulaire. Les culots et les douilles relèvent de la série de normes CEI 60061, préparée par un sous-comité dont l’intitulé anglais parle de systèmes d’ajustement des sources lumineuses.

    Le système de désignation des ampoules relève d’un autre sous-comité, celui des lampes.

    La norme qui traite de l’encombrement des lampes à incandescence, la CEI 60630, cite d’ailleurs les deux textes séparément dans ses références. Le culot dit comment l’ampoule se branche ; le code de forme, son profil et son diamètre.

    Ce sont deux informations distinctes, rédigées par deux groupes distincts.

    Cet article ne revient pas sur le choix du culot lui-même, qui se fait d’après la douille du luminaire et a son propre article sur ce blog. Il en retient une conséquence : à culot égal, la forme d’ampoule pour une suspension reste à choisir.

    Un G qui n’est pas le même G

    La même lettre peut d’ailleurs changer de sens selon le code où elle se trouve. Dans G125, le G est celui de la forme globulaire, et 125 un diamètre nominal en millimètres.

    Dans G9, le G appartient au culot : le règlement européen sur l’écoconception des sources lumineuses cite le G9 parmi les types de culot.

    Une ampoule G9 n’est donc pas une petite ampoule globe : G9 est le nom de son culot, et sa forme, comme celle de toutes les autres, se lit ailleurs. Un luminaire qui déclare un culot G9 ne dit rien, par là, du volume de l’ampoule qu’il reçoit.

    03L’encombrement se lit dans la fiche européenne, plus forcément sur l’emballage

    Une forme d’ampoule pour une suspension se juge enfin à la place disponible : dans le globe, sous l’abat-jour, entre les lamelles d’une cage. C’est là que l’encombrement compte, et il reste à savoir où le lire.

    La Commission électrotechnique internationale publie des contours d’encombrement maximal pour les lampes à incandescence et halogènes, dans la norme CEI 60630.

    Le texte précise leur destination : leur respect lors de la conception d’un luminaire assurera l’acceptation mécanique des lampes conformes aux normes qui les concernent.

    Le contour maximal, écrit pour le luminaire

    À lire son domaine d’application, publié en aperçu, ces contours servent d’abord à celui qui conçoit le luminaire : ils disent quel volume réserver pour qu’une lampe conforme entre.

    La même norme écarte expressément la question de la température, traitée dans la spécification de chaque lampe.

    Pour les lampes LED à ballast incorporé d’éclairage général, la norme CEI 62612 précise que, lorsqu’elle sert au remplacement de lampes, la seule information qu’elle fournit porte sur les dimensions maximales des lampes.

    Ces normes sont payantes, et leurs valeurs n’ont pas été lues pour cet article.

    Une conséquence se lit pourtant sans les chiffres. Pour une source non dirigée, l’équivalence en watts déclarée est, dans le règlement européen sur l’étiquetage des sources lumineuses, une équivalence de flux lumineux. Elle ne pose aucune condition de dimension.

    Hauteur, largeur, profondeur : la fiche de la base européenne

    Jusqu’au 1er septembre 2021, le règlement européen sur les lampes domestiques non dirigées imposait d’indiquer, sur l’emballage et sur les sites internet en libre accès, les dimensions de la lampe en millimètres, longueur et diamètre.

    Ce règlement a été abrogé à cette date par le règlement sur l’écoconception des sources lumineuses.

    Le texte en vigueur énumère ce que doit porter l’emballage d’une source lumineuse vendue seule : flux, température de couleur, interface électrique, durée de vie, puissances, rendu des couleurs, entre autres. Les dimensions n’y figurent plus.

    L’emballage peut les donner ; il n’y est plus tenu.

    Elles n’ont pas disparu pour autant. Le règlement sur l’étiquetage, modifié en 2021, fait enregistrer par le fournisseur une fiche d’information dans la base européenne des produits, la base EPREL.

    Elle comporte deux champs séparés : le type de culot, et les dimensions extérieures, hauteur, largeur et profondeur.

    C’est donc là que se lit la cote qui décide si une ampoule tient dans un globe. Les règlements (UE) 2019/2020 et 2019/2015, tels que modifiés en 2021, ne connaissent en revanche aucun code de forme pour les ampoules non dirigées, du type A60 ou G125.

    La fiche donne des millimètres, pas une silhouette.

    04La finition décide de ce que l’on voit de l’ampoule

    Sous une suspension ouverte, l’ampoule fait partie de l’objet. Sa forme se voit, et la finition de son verre décide de ce qu’on voit à travers. Le vocabulaire international de l’éclairage distingue, entre autres, trois cas qui portent des noms précis.

    Claire, dépolie ou opale : trois définitions

    Pour la Commission internationale de l’éclairage, dont le vocabulaire est rédigé en anglais, une ampoule claire (clear) est transparente au rayonnement visible. Une ampoule dépolie (frosted) est rendue diffusante par une surface rendue rugueuse, à l’intérieur ou à l’extérieur.

    Une ampoule opale (opal) est une ampoule dont tout le matériau, ou une couche, diffuse la lumière.

    La différence entre les deux dernières n’est donc pas une nuance de teinte. La dépolie diffuse par sa surface, l’opale par sa matière ou par une couche. Le mot « givrée », que l’on rencontre sur des pages traduites, correspond à ce frosted ; l’Académie française écrit « Ampoule dépolie ».

    Une ampoule globe dans un globe

    Le mot globe ajoute une ambiguïté propre aux suspensions. L’Académie française donne aussi pour sens à globe l’enveloppe de verre, plus ou moins sphérique, dont on entoure le foyer d’une lampe. Une ampoule globe, de forme G, peut donc se trouver à l’intérieur d’un globe de suspension.

    Dans un globe opalin, c’est le globe du luminaire qui se voit, et l’ampoule travaille derrière lui.

    Au catalogue, la Gravélo déclare six globes de verre opalin de quinze centimètres de diamètre, avec une ampoule LED E27 fournie pour chacun ; sa fiche ne précise pas la forme de cette ampoule.

    Sans globe, la question se pose autrement. Les suspensions de la collection, à lire fiche par fiche avant de choisir l’ampoule, en donnent la mesure : sur les dix-huit en ligne au 12 octobre 2026, treize déclarent un culot E27, deux un culot G9, et trois une LED intégrée.

    Aucune des quinze fiches à culot ne donne de code de forme pour l’ampoule, ni l’encombrement disponible autour d’elle. C’est la question à poser avant d’en changer, et la fiche de la base européenne donne l’autre moitié de la réponse.

    La gêne que peut causer une ampoule nue placée à hauteur de regard a son propre article sur ce blog, à propos des suspensions à globe de verre.

    Cet article s’en tient à ce que la forme d’ampoule pour une suspension change à l’objet : sa silhouette, sa place dans le luminaire, et ce que son verre laisse voir.

    05Questions fréquentes

    QToutes les ampoules E27 sont-elles identiques ?

    Non, seul leur culot l’est. Le culot E27 relève de la série de normes CEI 60061, qui traite des culots et des douilles ; la forme de l’ampoule relève d’un autre texte de la Commission électrotechnique internationale, son système de désignation des ampoules. Le culot fixe l’attache, pas le volume : deux ampoules E27 peuvent avoir des codes de forme et des dimensions différents.

    QQue signifie le code G95 ou G120 sur un globe LED ?

    La lettre décrit le profil, le nombre le diamètre. Dans la nomenclature reprise de la Commission électrotechnique internationale, G désigne une forme globulaire, et le nombre, selon sa recommandation, le diamètre principal nominal en millimètres : environ 95 ou 120 millimètres. Le code ne dit rien de la longueur de l’ampoule, qui se lit dans les dimensions extérieures de sa fiche.

    QQuelle est la différence entre G95 et ST64 ?

    Les deux codes suivent la même logique : des lettres pour le profil, un nombre pour le diamètre principal. Le G est, dans la nomenclature reprise de la Commission électrotechnique internationale, une forme globulaire ; le code ST n’est défini, comme tel, dans aucune des sources consultées pour cet article. Lus en millimètres, les nombres indiquent 95 contre 64 de diamètre nominal : la G95 est plus large.

    QComment savoir si une ampoule E27 rentrera dans mon abat-jour ?

    En comparant deux cotes : la place disponible dans l’abat-jour, que l’on mesure, et les dimensions extérieures de l’ampoule. Depuis 2021, l’emballage n’est plus tenu de les indiquer, mais le règlement européen sur l’étiquetage les fait figurer, en hauteur, largeur et profondeur, dans la fiche que le fournisseur enregistre dans la base européenne des produits.

    QLes ampoules transparentes ou givrées sont-elles meilleures ?

    Aucune n’est meilleure dans l’absolu : elles ne font pas la même chose. Pour la Commission internationale de l’éclairage, une ampoule claire est transparente au rayonnement visible, une ampoule dépolie, que l’on dit parfois givrée, diffuse par sa surface rendue rugueuse, et une ampoule opale par sa matière ou par une couche. Sous une suspension ouverte, c’est ce que l’on veut voir de la source qui tranche.

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