Plafonnier avec télécommande : ce qui se vérifie avant l'achat
Varnys
Un plafonnier avec télécommande fait entrer dans la pièce un second appareil. Reste à savoir ce que le droit européen range sous le mot radioélectrique, et ce qu'il impose d'écrire.
Vient ensuite la place qu'occupe, dans une pièce ainsi équipée, la commande fixe.
Puis ce qui décide de la compatibilité entre une source et le moyen qui la fait varier.
Restent deux questions qu'un luminaire éteint pose encore : ce que les textes appellent la veille, et ce qui sépare une télécommande d'un luminaire reconnu comme connecté.
01Une commande radio de luminaire est un équipement radioélectrique
Cet article ne traite que les commandes qui passent par une liaison radio. Le droit européen borne les ondes radioélectriques aux ondes électromagnétiques de fréquence inférieure à 3 000 GHz.
Le guide que la Commission européenne consacre à cette directive précise que l'infrarouge s'étend conventionnellement de 300 GHz à 430 THz, et que les appareils travaillant entre 300 et 3 000 GHz en relèvent.
Aucune des sources consultées ne donne la fréquence d'une télécommande à infrarouge domestique, et rien n'y permet donc de dire de quel côté de ce seuil elle tombe.
Sur la fiche d'un plafonnier avec télécommande, la commande est une ligne d'équipement, au même rang que la finition ou le diamètre. Dans le droit européen, c'est un appareil à part entière.
La directive 2014/53/UE appelle équipement radioélectrique un produit électrique ou électronique qui émet et/ou reçoit intentionnellement des ondes radioélectriques, à des fins de radiocommunication et/ou de radiorepérage.
Lue ainsi, la définition couvre les deux objets du couple : le boîtier qu'on tient, qui émet, et le récepteur logé dans le luminaire, qui reçoit intentionnellement.
Ce que la notice doit indiquer
L'article 10 de cette directive charge le fabricant d'établir une déclaration UE de conformité, d'apposer le marquage CE, et de conserver la documentation technique pendant dix ans à compter de la mise sur le marché.
Le même article veut que les instructions contiennent toutes les informations nécessaires pour utiliser l'équipement selon sa destination. Pour un appareil qui émet, elles indiquent la ou les bandes de fréquences utilisées.
Elles indiquent aussi la puissance radiofréquence maximale transmise. Ces deux mentions se vérifient donc dans le carton, avant même d'avoir accroché quoi que ce soit au plafond.
Chaque équipement est par ailleurs accompagné de la déclaration UE de conformité, ou d'une déclaration simplifiée portant l'adresse internet où le texte complet se consulte.
Ce que le régime des bandes libres n'assure pas
L'Arcep décrit les bandes libres comme des fréquences exploitables sans autorisation administrative et sans redevance, sur la base d'un droit collectif d'utilisation.
Elle ajoute, dans la même page, qu'il n'y a pas de garantie de protection contre les brouillages, et que la contrepartie technique consiste à limiter la portée et le temps d'utilisation de la bande.
L'ANFR décrit le même régime comme une autorisation générale d'utilisation des fréquences, fondée sur un principe de non-brouillage et de non-protection. Elle rappelle, à propos d'une autre bande, que l'absence de licence ne vaut pas absence de règles.
Sa table des équipements de faible puissance, édition 2023, ouvre aux usages non spécifiques le 433,05 à 434,79 MHz, le 863 à 870 MHz et le 2 400 à 2 483,5 MHz, chacun avec une puissance rayonnée plafonnée.
La norme européenne ETSI EN 300 220-2, harmonisée au titre de l'article 3.2 de la directive, couvre la plage de 25 à 1 000 MHz. Elle cite la télécommande parmi les usages typiques des équipements non spécifiques.
Le mot ne figure en revanche pas dans la table de l'ANFR consultée ici, et aucune des sources consultées pour cet article ne dit dans quelle bande travaille une télécommande de luminaire. Dans les documents lus, c'est la notice qui porte cette mention.
02La commande fixe, et la question que les textes laissent ouverte
La question que pose un plafonnier avec télécommande dans une pièce n'est pas de savoir si la télécommande fonctionne. C'est de savoir ce que les textes demandent par ailleurs.
La NF C 15-100 est une norme payante, qui n'a pas été lue pour cet article. Ce qui suit vient d'un arrêté, de documents publics et de guides de fabricants d'appareillage, nommés à chaque fois.
Ce qui est écrit, et dans quel texte
Le guide que Hager consacre à la mise à jour 2024 de la norme écrit que chaque pièce, local ou dégagement équipé d'un point d'éclairage doit disposer d'au moins un circuit de commande.
Il ajoute que le dispositif de commande associé doit être fixe, et qu'il peut être manuel ou automatique. Il précise qu'un dispositif fixe ne s'oppose pas à l'usage ultérieur d'un système de gestion d'éclairage automatisé.
Sur l'emplacement, deux guides concordent. Hager écrit qu'une commande de l'éclairage se tient à l'entrée, à l'intérieur de la pièce ; Legrand écrit qu'il faut au moins un point d'allumage près de chaque accès.
Un document public le dit aussi. Le site que les ministères consacrent à l'accessibilité du bâtiment, édité avec le CSTB et le Cerema, écrit qu'un interrupteur de commande d'éclairage doit être situé en entrée de chaque pièce.
La plage de hauteur que l'on cite souvent ne vient pas, elle, de la norme électrique. Le même site ministériel reproduit l'article 11 de l'arrêté du 24 décembre 2015, qui porte sur l'accessibilité des logements neufs.
Cet article veut que les dispositifs de commande soient situés entre 0,90 et 1,30 m du sol, et manœuvrables en position debout comme en position assise. C'est une exigence d'accessibilité, pas une règle d'installation électrique.
Sur le statut du texte, la révision a été publiée par l'AFNOR le 23 août 2024. Socotec, organisme de contrôle, et la CAPEB, confédération de l'artisanat du bâtiment, la disent obligatoire à partir du 1er septembre 2025.
La CAPEB écrit qu'elle s'applique jusque-là de manière volontaire, et donne le critère : la date de dépôt de la demande de permis de construire, à défaut celle de la déclaration préalable, à défaut celle de la signature du marché.
Ce qu'aucune de ces sources n'écrit
Dans les passages consultés, aucun de ces documents n'emploie les mots radio, sans fil ou télécommande. Aucune des sources consultées pour cet article ne dit si un boîtier tenu à la main répond à ce que le guide Hager appelle un dispositif fixe.
L'Union technique de l'électricité publie des fiches d'interprétation de la norme. Aucune des vingt-huit fiches recensées dans les sources consultées, publiées entre 2005 et 2013, ne porte sur les commandes sans fil.
La piste normative ne referme pas davantage la question. La partie 1 de la série NF EN 60669, publiée le 31 décembre 2020, déclare s'appliquer aux interrupteurs fonctionnels à commande manuelle des installations électriques fixes domestiques et analogues.
Un amendement à la partie 2-1, publié le 14 octobre 2022, ajoute à ce texte une clause intitulée « Exigences relatives au spectre radioélectrique ». Le titre d'une clause n'est pas son contenu, et la norme n'a pas été lue ici.
Aucune des sources consultées ne rattache un boîtier tenu à la main à cette série, dont le domaine déclaré vise des installations fixes. En l'absence de source qui tranche, la question reste ouverte dans les documents lus.
03La compatibilité d'une source avec sa variation se déclare
Une télécommande ne fait pas varier une source par sa seule existence. Un texte européen dit ce que le fabricant doit écrire sur la variation d'une source lumineuse.
L'avertissement que le fabricant doit porter
Le règlement (UE) 2019/2020 établit les exigences d'écoconception des sources lumineuses et des appareillages de commande séparés. Son annexe II fixe aussi des exigences d'information.
Parmi elles : un avertissement si la source lumineuse ne peut pas être utilisée avec un variateur, ou si elle ne peut l'être qu'avec des variateurs spécifiques.
Le texte vise nommément, dans le même point, les méthodes de variation spécifiques avec ou sans fil. Dans ces cas, une liste des variateurs compatibles et/ou des méthodes compatibles doit être fournie sur le site du fabricant.
La même annexe demande, pour les appareillages de commande séparés, une liste des caractéristiques minimales que doivent posséder les sources lumineuses pour être pleinement compatibles.
Qu'une telle obligation d'information existe se lit dans un sens : la compatibilité n'est pas donnée d'avance, sans quoi il n'y aurait rien à avertir.
Intégré ou séparé, deux objets que le texte distingue
Le règlement appelle appareillage de commande séparé un appareillage qui n'est pas physiquement intégré dans une source lumineuse, et qui est mis sur le marché comme produit séparé ou dans un produit contenant.
Il appelle produit contenant un produit qui contient une ou plusieurs sources lumineuses ou appareillages de commande séparés, et il range explicitement les luminaires dans cette catégorie.
Un plafonnier est donc, pour ce texte, un contenant. Les exigences d'information que l'on vient de lire portent sur ce qu'il contient, et non sur lui.
Sur les cinq plafonniers publiés au catalogue VARNYS, deux déclarent une commande à distance : le Sceaux Croisillons 1677, dont la fiche annonce une gradation continue par télécommande, et l'Ampère Anneau 1820, dont la fiche annonce une intensité et une température de couleur réglables à la télécommande. Les trois autres n'en déclarent aucune.
C'est le sens pratique de cette section. Au catalogue VARNYS, la commande à distance est une caractéristique que la fiche déclare ou ne déclare pas, et cela se lit avant l'achat.
04Le mode veille se plafonne sur la source et l'appareillage, pas sur le luminaire
Le règlement européen sur l'écoconception des sources lumineuses a un nom pour l'état d'un appareil qui reste branché, n'émet pas de lumière et attend un signal de commande. Reste à savoir à quel objet ce nom s'applique.
Le plafond de 0,5 W et l'objet qu'il vise
Le règlement (UE) 2019/2020 définit le mode veille comme l'état d'un appareil connecté à l'alimentation, qui n'émet pas de lumière et se tient en attente d'un signal de commande.
Son annexe II veut que la puissance en mode veille ne dépasse pas 0,5 W depuis le 1er septembre 2021. Le même plafond vaut pour la veille avec maintien de la connexion au réseau, les deux valeurs n'étant pas cumulatives.
Cette puissance doit être déclarée, exprimée en watts et arrondie à la deuxième décimale. Le texte permet de l'omettre lorsqu'elle est nulle.
Le plafond vise cependant la source lumineuse et l'appareillage de commande séparé. Aucune des sources consultées pour cet article ne qualifie un module récepteur radio d'appareillage de commande au sens de ce règlement.
Le texte sur les veilles domestiques ne couvre pas l'éclairage
Le règlement (CE) n° 1275/2008 plafonne la consommation en modes veille et arrêt des équipements électriques et électroniques ménagers et de bureau. Son annexe I en donne la liste.
Y figurent les appareils ménagers, les équipements de traitement de l'information à usage résidentiel, l'électronique de loisirs, les jouets et les équipements de loisirs et de sport. Aucune ligne d'éclairage.
L'ADEME écrit qu'éteindre les veilles peut permettre d'économiser jusqu'à 15 % de la facture d'électricité hors chauffage et eau chaude, soit plus de 100 euros par an. Ce chiffre porte sur l'ensemble des veilles d'un logement.
Sur l'éclairage lui-même, son panel Elecdom, mené sur cent logements, relève 31 points lumineux par logement, environ 200 heures d'usage par source et par an, 105 kWh et 21 euros par an.
La même agence écrit que les dépenses d'éclairage ne sont pas celles qui pèsent le plus dans une facture. Aucune des sources consultées ici ne mesure la veille d'un récepteur de luminaire.
05Le règlement délégué range du côté connecté ce qui sait joindre l'internet
Le mot télécommande recouvre deux objets que les textes ne traitent pas de la même façon. La ligne ne passe pas par la forme du boîtier, mais par ce que l'ensemble sait joindre.
Le règlement délégué (UE) 2022/30 précise quelles catégories d'équipements radioélectriques sont soumises aux exigences supplémentaires de l'article 3, paragraphe 3, de la directive.
Pour le point d), il vise tout équipement radioélectrique capable de communiquer par lui-même sur l'internet, qu'il communique directement ou par l'intermédiaire d'un autre équipement.
Pour les points e) et f), il nomme des familles : les équipements connectés à l'internet qui traitent des données personnelles, de trafic ou de localisation, les équipements de garde d'enfants, les jouets, les équipements portables ou attachés au corps ou aux vêtements.
Le point f) ajoute les équipements connectés à l'internet qui permettent un transfert d'argent, de valeur monétaire ou de monnaie virtuelle. Ces exigences s'appliquent depuis le 1er août 2025, date issue d'un règlement délégué du 20 juillet 2023.
Lu ainsi, le texte range d'un côté une liaison de proximité qui ne joint aucun service en ligne, et de l'autre un luminaire piloté depuis une application passant par l'internet.
Sur une fiche, la mention plafonnier avec télécommande ne dit pas lequel des deux on achète. La ligne que trace le règlement délégué passe par la capacité à joindre l'internet, et aucune des sources consultées ici ne donne de mention qui la rende lisible d'un coup d'œil.
06Questions fréquentes
QUne télécommande pour lampe LED peut-elle fonctionner avec n'importe quelle lampe LED ?
Le règlement (UE) 2019/2020 impose d'avertir lorsqu'une source lumineuse ne peut pas être variée, ou seulement avec des variateurs ou des méthodes de variation spécifiques, avec ou sans fil, et de publier alors la liste des méthodes compatibles sur le site du fabricant. Que cette obligation existe dit assez que la compatibilité ne se présume pas.
QComment faire quand on a perdu la télécommande de ses LED ?
Aucune source non marchande consultée ici ne décrit de procédure de remplacement, ni l'interchangeabilité entre marques. Deux textes disent où chercher : la directive 2014/53/UE veut que les instructions couvrent l'usage prévu, et le règlement (UE) 2023/1542 prévoit qu'une batterie portable incorporée reste remplaçable par son utilisateur.
QComment puis-je allumer et éteindre la lumière à distance ?
Lus ainsi, les textes consultés séparent deux cas. Une liaison radio de proximité relève de la directive 2014/53/UE, qui veut que la notice d'un appareil qui émet indique la bande utilisée et la puissance maximale transmise. Un pilotage passant par l'internet entre en plus dans les catégories visées par le règlement délégué (UE) 2022/30.