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  • Mur de séjour en boiserie crème portant trois appliques en laiton patiné également espacées, chacune projetant un cône de lumière chaude sur la paroi
  • Combien d'appliques murales dans une pièce, et à quelle distance

    Varnys


    Deux appliques sur un mur de séjour, ou trois. La question se pose à chaque projet, et les réponses qui circulent tiennent le plus souvent en une distance, exprimée en mètres. Reste à savoir si un texte officiel en écrit une, et sur quoi porte réellement une norme d'éclairage.

    Les professionnels disposent bien d'un outil, mais il n'a pas été écrit pour ce mur-là. Reste à savoir ce que mesure ce rapport, et ce qu'il faudrait réunir pour en tirer un calcul chez soi.

    Restent trois choses qu'on lit peu : ce qu'on croit savoir d'une lumière bien répartie et de sa régularité, ce qu'un circuit électrique limite, et pourquoi le mur pose un problème à part.

    À retenir
    1Le projet FprEN 12464-1:2021 prescrit un résultat, pas une implantation. Le nombre et l'écart n'y figurent pas.
    2Le rapport espacement sur hauteur appartient au luminaire, et le guide qui le décrit écrit qu'il vient du fabricant.
    3Le calcul du nombre fait intervenir cinq grandeurs, dont une qui dépend de la pièce elle-même.
    4Huit points lumineux par 16 A, selon Promotelec — mais aucune source consultée ne dit ce qu'est un point.

    01Ce que la norme chiffre, et ce qu'elle laisse ouvert

    Le premier réflexe est d'aller voir la norme d'éclairage intérieur. Elle existe, elle est précise, et elle ne répond pas à la question posée.

    Des résultats, pas une implantation

    Les extraits qui suivent viennent du projet final FprEN 12464-1:2021, la version publiée étant payante. Le texte fixe des éclairements à atteindre, des uniformités minimales et des valeurs pour les parois : il décrit un état à obtenir, pas la façon d'y parvenir.

    L'uniformité doit y être d'au moins 0,40 sur la zone environnante immédiate, et d'au moins 0,10 sur la zone de fond comme sur les murs et le plafond.

    L'expression « espacement des luminaires » n'y apparaît qu'une fois, et à propos d'autre chose : la clause sur la grille de calcul demande que le pas de la grille ne coïncide pas avec celui des luminaires.

    Aucune clause ne prescrit un nombre, un écart ou une disposition.

    Et elle n'est pas écrite pour un logement

    Son article premier borne son champ : elle spécifie des exigences d'éclairage pour les personnes dans les lieux de travail intérieurs.

    Les éclairements de mur que l'INRS relève dans le tableau 34 de son numéro 281 — 150, 100 ou 75 lux selon l'activité — décrivent un lieu de travail, pas un logement.

    Les reprendre chez soi est une transposition. Elle peut se défendre ; elle doit se dire.

    Ce qui est chiffré, ce qui ne l’est pasProjet FprEN 12464-1:2021, écrit pour les lieux de travailéclairement et uniformité du mur : chiffrés??nombre, écart et disposition : non chiffrésChiffrél’éclairement à atteindrel’uniformité minimalel’éclairement des paroisLaissé ouvertle nombre de luminairesl’écart entre euxleur dispositionLe projet FprEN 12464-1:2021 prescrit un résultat,pas une implantation. Et il est écritpour les lieux de travail, pas pour un logement.
    Le projet FprEN 12464-1:2021 décrit l'état à obtenir sur les surfaces. Le nombre de luminaires et leur écart n'y figurent pas.

    02Le rapport espacement sur hauteur, et à qui il appartient

    Cet outil porte un nom chez les concepteurs d'éclairage, et il ne dit pas ce qu'on lui fait dire.

    Ce que la définition écrit vraiment

    La société savante américaine de l'éclairage, l'Illuminating Engineering Society, le définit comme un paramètre de classification des luminaires d'intérieur.

    Sa définition mérite d'être lue lentement : c'est un rapport maximal estimé entre l'espacement des luminaires et leur hauteur de montage au-dessus du plan de travail, pour un réseau régulier de ce luminaire-là, tel que l'éclairement du plan de travail soit d'une uniformité acceptable.

    Quatre choses tiennent dans cette phrase. C'est une caractéristique du luminaire ; c'est un maximum, pas une cible ; cela ne vaut que pour un réseau régulier ; et le même texte ajoute que la valeur peut différer selon la direction, à zéro et à quatre-vingt-dix degrés.

    La valeur vient du fabricant, pas d'une règle

    Un guide d'enseignement de la conception d'éclairage, qui s'appuie sur le code d'éclairage intérieur de l'institution britannique des services du bâtiment, l'écrit sans détour : les fabricants indiquent un rapport recommandé pour chacun de leurs luminaires.

    Le même guide donne 1,5 pour un luminaire, puis mentionne que 1,75 ou même 2 sont possibles avec ces luminaires-là. Un manuel technique publié par l'agence marocaine de l'efficacité énergétique tabule, lui, des valeurs de 1,45 à 1,60 selon le modèle et selon l'axe.

    La fourchette relevée dans ces sources va donc de 1,45 à 2. Retenir un seul de ces nombres et l'appliquer à un luminaire quelconque revient à effacer ce que la définition dit.

    Un support de cours d'éclairagisme de l'institut de formation professionnelle de Hong Kong ajoute la seule consigne opérationnelle qu'on puisse en tirer : l'espacement ne doit pas dépasser le maximum fourni par le fabricant.

    03Le calcul du nombre, et ses cinq grandeurs

    Il existe une méthode pour déterminer combien de luminaires installer. Deux des trois supports consultés pour cet article en donnent la formule, et elle demande plus que la surface du sol.

    Cinq termes, pas un

    La formule s'écrit ainsi : le nombre de luminaires vaut l'éclairement visé multiplié par la surface, divisé par le produit du facteur de maintenance, de l'utilance et du flux de chaque luminaire.

    L'utilance est la proportion du flux des lampes qui atteint réellement le plan utile. Elle dépend, selon le guide cité plus haut, de l'indice du local, des facteurs de réflexion des parois et du type de luminaire.

    Le facteur de maintenance, lui, est le produit de quatre termes : la survie des lampes, le maintien de leur flux, celui du luminaire et celui des parois.

    Le support de cours de Hong Kong pose la limite de l'ensemble en une ligne : les tables d'utilance sont préparées pour un éclairage général à réseau régulier de luminaires.

    L'indice du local, une clé d'entrée de table

    Pour trouver l'utilance dans une table, il faut d'abord un indice du local. Trois sources concordantes donnent la même formule : la longueur multipliée par la largeur, divisée par le produit de la hauteur au-dessus du plan utile et de la somme longueur plus largeur.

    Ce nombre ne place aucun luminaire. C'est une clé d'entrée de table, et rien d'autre.

    Un calcul pour un salon supposerait donc de réunir ces cinq mêmes termes : un éclairement cible, la surface, un facteur de maintenance, une utilance et le flux déclaré du modèle. Aucun ne se lit sur une photo.

    04La régularité, et ce que les études en disent

    Reste une idée tenace : une lumière régulièrement répartie vaudrait mieux qu'une lumière contrastée. Les travaux consultés pour cet article ne vont pas dans ce sens.

    En 2001, Veitch, du Conseil national de recherches du Canada, publie une revue des processus psychologiques qui influencent la qualité d'un éclairage.

    Cette revue rapporte le résultat de Hawkes et de ses coauteurs : huit configurations à sources diffuses ont toutes été jugées sans intérêt, là où dix configurations comportant au moins une source concentrée se sont situées du côté intéressant du neutre.

    Elle rapporte aussi celui de Loe, Rowlands et Watson : c'est un éclairage de mur modérément non uniforme qui a été préféré, pour regarder des tableaux.

    Elle note par ailleurs que l'uniformité du plan de travail n'a pas eu d'effet sur la performance visuelle.

    Autrement dit, les sources consultées pour cet article ne permettent de recommander ni la régularité ni son contraire.

    05Huit points par circuit, et une unité que les sources consultées ne définissent pas

    Il existe bien une limite chiffrée, mais elle ne vient pas de l'éclairagisme. Elle vient de l'installation électrique.

    La norme NF C 15-100 est payante et n'a pas été lue pour cet article. Promotelec, association reconnue d'utilité publique dont les membres comprennent la filière électrique, écrit dans une réponse de juillet 2023 : huit points lumineux protégés par un 16 A, pour une section de câble de 1,5 millimètre carré.

    Deux autres sources, privées celles-là, portent le même nombre et citent l'amendement A5 de juin 2015.

    Reste une question que ces sources laissent ouverte : aucune de celles qui ont été consultées pour cet article ne définit ce qui compte comme point lumineux.

    Une applique à deux bras compte-t-elle pour un ou pour deux ? Un socle DCL ? Le nombre est écrit, l'unité ne l'est pas.

    Deux des trois sources ajoutent qu'un point se compte par tranche de 300 voltampères pour les spots et les bandeaux lumineux. Aucune des sources institutionnelles consultées pour cet article ne reprend cette règle, et aucune d'elles ne l'étend aux appliques.

    Un dernier point de prudence : l'amendement cité date de 2015, l'AFNOR annonce une nouvelle publication de la série, et la vérification n'a pas pu être faite pour cet article.

    06Le mur, et ce que la recherche menée ici n'y a pas trouvé

    Tout ce qui précède décrit des luminaires de plafond au-dessus d'un plan de travail horizontal. Une applique n'est ni l'un ni l'autre.

    La recherche menée pour cet article a interrogé la société savante américaine, la commission internationale de l'éclairage, l'institution britannique, le département de l'Énergie des États-Unis et plusieurs revues à comité de lecture, sur l'espacement des appareils qui éclairent un mur.

    Aucune source primaire non marchande n'a été trouvée qui donne une distance au mur ou un écart entre deux appareils. Les chiffres relevés sur ce point viennent tous de fabricants et de revendeurs.

    Ce qui existe, c'est le résultat visé : la norme des lieux de travail cote l'éclairement du mur et son uniformité, jamais le moyen de l'obtenir.

    Restent les données que la fiche déclare, quand elle les déclare : le type de source, et selon les modèles la température de couleur ou le flux. Elles figurent sur les fiches des les appliques murales proposées par VARNYS, et ce sont elles qu'on compare, à défaut d'une règle.

    07Questions fréquentes

    QQuelle est la distance optimale entre deux luminaires ?

    Les sources consultées pour cet article n'en donnent aucune en mètres. Elles donnent un rapport, propre à chaque luminaire : l'Illuminating Engineering Society le définit comme un maximum estimé entre l'espacement et la hauteur au-dessus du plan de travail. Un guide d'enseignement précise que la valeur vient du fabricant.

    QComment calculer le nombre de luminaires ?

    La méthode enseignée divise l'éclairement visé multiplié par la surface par le produit de trois termes : le facteur de maintenance, l'utilance et le flux d'un luminaire. L'utilance dépend des facteurs de réflexion des parois, du type de luminaire et de l'indice du local, et les tables qui la donnent sont faites pour un réseau régulier en lieu de travail.

    QComment disposer des luminaires ?

    Ce projet de norme ne traite pas la disposition : il fixe des éclairements et des uniformités à obtenir, en lieu de travail. Un guide d'enseignement donne une indication sur les bords, pour un réseau régulier de plafond : l'écart entre la dernière rangée et le mur devrait rester inférieur à la moitié de l'écart entre rangées.

    QComment brancher deux appliques sur une seule arrivée ?

    C'est une intervention sur l'installation électrique, et les sources consultées pour cet article ne décrivent pas ce raccordement. Ce qu'elles documentent, c'est la limite en amont : Promotelec retient huit points lumineux par 16 A en 1,5 millimètre carré. Aucune de ces sources ne dit ce que compte une applique à deux bras.

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