Quel luminaire pour salon et salle à manger en pièce unique
Varnys
Un luminaire pour un salon et une salle à manger réunis dans la même pièce : le volume, le plafond et parfois la seule sortie de courant sont partagés ; les usages, non.
Reste à savoir ce qu'une valeur d'éclairement peut dire d'une pièce où l'on dîne et où l'on se repose, et d'où vient la cohérence que l'on cherche entre deux luminaires voisins.
Vient ensuite la question du type de luminaire, puis celle de sa dimension.
Restent l'éblouissement, le point d'éclairage déjà en place dans le logement, et la hauteur sous plafond, dont l'effet reste à voir ici.
01Une pièce, deux usages, et des valeurs d'éclairement écrites pour le travail
Une pièce de vie ouverte n'est pas deux pièces mises bout à bout. C'est un seul volume où deux usages cohabitent, et où les deux zones restent visibles depuis un même point.
La table de la salle à manger demande une lumière posée sur un plan précis, à un endroit connu d'avance. Le coin salon, lui, n'a pas de plan de travail : on y lit, on y parle, on y regarde un écran, et pas toujours au même endroit.
La tentation est alors de chercher une valeur de référence, un nombre de lux qui trancherait. Dans les documents consultés pour cet article, aucun texte normatif ne chiffre l'éclairement d'un logement, et c'est le premier fait à poser.
La norme NF EN 12464-1 s'intitule Lumière et éclairage — Éclairage des lieux de travail — Partie 1 : Lieux de travail intérieurs. Son objet, tel que le rapporte le site leclairage.fr, porte sur les projets d'éclairage des lieux de travail dans les bâtiments. Le logement n'y figure pas.
Le Code du travail, lui, chiffre bien des minima : 40 lux pour les voies de circulation intérieures, 120 lux pour les locaux de travail, d'après la lecture qu'en donne le site de médecine du travail Atousante.
Ces valeurs sont écrites pour un lieu de travail : les transposer à un séjour reviendrait à leur donner une portée que leur texte ne leur donne pas.
Du côté de l'habitat, l'Association QUALITEL avance environ 200 lux en éclairage d'ambiance pour un salon. C'est une source unique dans les documents consultés pour cet article, et elle ne s'appuie sur aucune norme citée.
Autrement dit, la question du nombre se referme vite. Ce qui reste ouvert, et ce qui décide réellement du résultat, c'est la manière dont les deux zones se répondent.
02La cohérence entre deux luminaires ne tient pas à leur forme
Une règle circule : tous les luminaires d'une même pièce devraient partager la même température de couleur. Elle est commode, elle est répétée, et elle n'apparaît dans aucune des sources non marchandes consultées pour cet article.
Ce qui est écrit, en revanche, porte sur la plage elle-même. Dans le dossier de presse accompagnant son expertise de 2019 sur les LED, l'Anses recommande de privilégier des éclairages domestiques de type blanc chaud, de température de couleur inférieure à 3 000 K.
Ce n'est ni un seuil de nocivité ni une obligation : c'est une recommandation de confort. L'ADEME va dans le même sens en associant les valeurs inférieures à 3 000 K à une ambiance chaude et reposante, et celles supérieures à 4 000 K à une ambiance plus dynamique.
Ressources naturelles Canada, dans son guide de poche pour la conception de l'éclairage résidentiel, retient 2 700 à 3 000 K pour une ambiance chaleureuse. Trois documents publics, une même plage.
Le raisonnement change alors de point d'appui. Ce qui est documenté, c'est la plage : choisir les deux luminaires à l'intérieur de celle que ces documents recommandent pour un logement, et, sans qu'aucune source l'exige, rien n'empêche de retenir une même valeur quand les deux fiches la déclarent.
Le second point de convergence est plus discret, et il ne se choisit même pas.
Le règlement (UE) 2019/2020, à son annexe II, point 2, tableau 4, fixe un indice de rendu des couleurs (IRC) au moins égal à 80 pour les sources lumineuses, applicable depuis le 1er septembre 2021, avec des exclusions visant notamment l'extérieur et certaines applications industrielles.
Hors ces cas exclus, deux sources achetées neuves sur le marché européen relèvent donc d'un même plancher de rendu des couleurs. Le règlement ne dit rien de plus : il fixe un minimum, pas une équivalence de rendu entre deux luminaires.
Reste ce qui gagne à ne pas se répéter. Deux luminaires qui font le même geste au-dessus de deux zones voisines produisent une redite : l'effet obtenu est une répétition plutôt qu'une composition.
Ce qui les distingue utilement n'est pas leur style mais leur fonction. L'un descend sur un plan fixe, l'autre habite un volume : ce sont deux problèmes géométriques différents, et c'est de là que vient la différence de forme.
03Salon et salle à manger : le type de luminaire se décide zone par zone
Le type ne se choisit pas pour la pièce, mais pour ce qui se passe dessous. Deux zones, deux réponses, dans un même volume.
Au-dessus de la table de la salle à manger
La table est l'endroit de la pièce où l'on sait le plus précisément où sera la lumière utile, et à quelle hauteur. C'est ce qui rend la suspension pertinente ici : elle rapproche la source du plan, sans rien demander au reste du volume.
Les installations couvertes par la norme prévoient l'alimentation nécessaire. Le guide réglementaire Hager 2024, qui rapporte les exigences de la NF C 15-100 — norme payante, non consultée directement —, indique que chaque pièce, local ou dégagement doit comporter au minimum un point d'alimentation d'éclairage.
Le choix du modèle se joue ensuite sur ce que déclare sa fiche : une source qui se remplace ou non, un culot, une température de couleur. Sur les suspensions du catalogue VARNYS et leur culot, Cambrai Tissée 1690 et Rambouillet Coquille 1779 reçoivent une ampoule E27, Vavin Globes 1927 une LED G9.
Au-dessus de l'assise
Le coin salon n'a pas de plan fixe à éclairer. La lumière n'y vise rien de précis : elle sert le volume, les visages, les surfaces verticales.
Un plafonnier répond bien à cette absence de cible : il reste au plafond, hors du champ de vision des personnes assises. Au catalogue, Marly Entrelacs 1679 et Sceaux Croisillons 1677 déclarent un IRa de 95, et Sceaux est livré avec une télécommande.
Une suspension reste possible du côté salon, à condition qu'elle ne vienne pas se placer entre deux personnes assises face à face. C'est la contrainte traitée plus bas, et elle décide avant le style.
04La dimension se règle sur ce que le luminaire surplombe
C'est là que la pièce unique tend son piège : une même méthode de calcul est appliquée aux deux zones, alors qu'elles ne se mesurent pas sur la même chose.
Le lustre du coin salon
Plusieurs formules de diamètre circulent, appuyées sur la surface au sol ou sur la somme des dimensions de la pièce. Aucune des sources non marchandes consultées pour cet article ne les porte.
Ce qui se vérifie sans formule, c'est le dégagement. Dans un volume ouvert, le luminaire du salon est vu de loin, de biais et en entier : c'est la place libre autour de lui, et non la surface au sol, qui décide de ce qu'il peut occuper.
La suspension de la salle à manger
Au-dessus de la table de la salle à manger, la référence change : ce n'est plus la pièce, c'est le plateau. La suspension ne travaille que sur cette surface, et son encombrement se juge par rapport à elle.
Le glissement d'une référence à l'autre suffit à fausser une proportion. Un luminaire qui tient son rang dans un grand volume paraît massif dès qu'on le descend sur un plateau étroit.
05L'éblouissement se juge depuis le canapé, pas depuis la table
Une suspension de table est réglée pour les convives : assis autour du plateau, ils la regardent de près et par en dessous. Dans une pièce unique, elle est aussi vue depuis le canapé, plus loin et sous un autre angle.
La notion qui décrit exactement cela porte un nom. Énergie Plus, le site de l'UCLouvain consacré à l'énergie dans le bâtiment, définit l'angle de défilement d'un luminaire comme l'angle sous lequel la source nue ne peut être vue par l'observateur.
Ce que cette définition met en évidence, c'est qu'un luminaire n'éblouit pas dans l'absolu. Il éblouit depuis une position, et une pièce ouverte en ajoute une qu'on oublie de vérifier : celle de l'assise du salon.
Les échelles qui chiffrent cette gêne ne sont pas transposables pour autant. L'indice UGR est préconisé pour les lieux de travail, calculé pour un observateur placé dans les cas les plus défavorables, et il s'applique principalement aux espaces intérieurs sans fenêtres.
Dans les sources consultées pour cet article, aucune ne fixe de valeur d'angle applicable au logement. Ce qui reste, et qui se vérifie sur place, est géométrique : avec un diffuseur opaque ou opalin, la source est vue si la ligne qui va de l'œil au luminaire passe sous le bord bas.
Cette vérification prend quelques secondes, et elle se fait avant l'achat : s'asseoir dans le canapé et repérer, à hauteur d'œil, où tomberait le bord bas du diffuseur à la hauteur de pose envisagée.
Le diffuseur joue évidemment sur le résultat. Un verre opalin ne masque pas la source de la même façon qu'un verre transparent, et c'est un sujet à lui seul.
06Le point d'éclairage existant n'impose pas le plan de la pièce
Il arrive qu'un logement existant n'offre qu'une seule sortie de plafond dans la pièce de vie, à peu près centrée entre les deux zones. Elle n'est alors au bon endroit ni pour la table ni pour le salon.
Le guide Hager 2024, en relais de la NF C 15-100, précise que ce point d'éclairage est obligatoirement réalisé au plafond lorsque celui-ci est constitué de dalles pleines, de dalles alvéolées ou de poutrelles-hourdis, avec des dérogations en rénovation totale ou en cas d'impossibilité technique d'encastrement.
Le même document indique que la canalisation qui alimente un point d'éclairage est terminée par une boîte de connexion équipée d'un socle DCL, sauf cas particuliers.
Reste la question qui vient aussitôt : peut-on déporter la suspension vers la table ? Aucune des sources consultées pour cet article ne traite ce point, ni pour l'encadrer ni pour l'interdire.
Ce silence documentaire mérite d'être dit tel quel. Il ne vaut pas autorisation, et toute intervention sur l'installation relève d'un professionnel qualifié.
Ce qu'il faut en retenir tient en une phrase : le point existant est une contrainte d'implantation, pas un plan d'éclairage. Il dit où arrive le courant, pas où la lumière doit tomber.
07La hauteur sous plafond, et les deux cotes de 2,20 m qu'on confond
Deux cotes de 2,20 mètres circulent dans les discussions sur les luminaires, et elles ne mesurent pas la même chose. Les confondre conduit à appliquer à un salon une règle écrite pour un autre bâtiment.
La première vient du décret du 30 janvier 2002 sur le logement décent, tel que le présente Service-Public.fr : un logement loué en résidence principale comporte au moins une pièce principale de 9 m² avec une hauteur sous plafond d'au moins 2,20 m, ou un volume habitable d'au moins 20 m³. C'est un critère de décence, mesuré du sol au plafond.
La seconde vient de l'arrêté du 20 avril 2017 sur l'accessibilité des établissements recevant du public neufs, tel que le rapporte le portail accessibilite-batiment.fr : un passage libre d'au moins 2,20 m de hauteur est prévu sous les éléments suspendus au-dessus d'un cheminement accessible. C'est une règle d'ERP, et elle mesure un dégagement.
Ni l'une ni l'autre ne fixe de hauteur libre sous un luminaire en logement. Dans les sources consultées pour cet article, aucune ne chiffre ce dégagement.
Ce que la hauteur sous plafond décide vraiment, dans une pièce unique, est ailleurs. Elle est la même des deux côtés : c'est la contrainte géométrique que les deux zones partagent.
Sous un plafond bas, la marge disponible se consomme d'abord au-dessus de la table, où la suspension descend. Le coin salon compose alors avec ce qui reste, et c'est ce qui y ramène le plafonnier.
08Questions fréquentes
QQuelle suspension choisir pour un salon ?
Celle qui reste hors du champ de vision des personnes assises. Le salon n'ayant pas de plan fixe à éclairer, une suspension y est vue depuis plusieurs positions à la fois : la hauteur de son bord bas par rapport à la ligne du regard y pèse alors autant que son diamètre.
QQuelle est la dimension idéale d'un lustre pour un salon ?
Aucune des sources non marchandes consultées pour cet article ne donne de formule de diamètre. Ce qui se vérifie, c'est le dégagement autour du luminaire et sous lui, puisqu'un lustre de salon est vu de loin, de biais et en entier.
QComment bien assortir ses luminaires pour une déco moderne ?
En les choisissant dans la même plage de température de couleur plutôt qu'à l'identique. L'Anses recommande de privilégier un blanc chaud inférieur à 3 000 K en éclairage domestique, ce qui laisse la liberté de deux formes différentes sur les deux zones.