Quelle est la hauteur d'une applique murale pour un escalier ?
Varnys
Une hauteur se donne depuis un point de mesure. Reste à savoir quel repère retenir dans un escalier, et d'où les textes font partir le leur.
Dans un escalier, presque tout est chiffré par un texte. Les cotes de la marche, celles de la main courante, celles des commandes. Les lux aussi, et il faut regarder à qui ces valeurs s'adressent.
Restent la commande de l'éclairage, ce que les textes en disent pour un logement, et la marche elle-même, son nez et son contraste.
01Un escalier n'a pas de sol, il a un repère qui monte
Dans une pièce, une hauteur se compte depuis le sol. Dans un escalier, ce sol change à chaque marche.
La main courante, elle, part du nez de marche
L'arrêté du 20 avril 2017, qui régit les établissements recevant du public neufs, précise à son article 7.1 que la hauteur de la main courante se mesure depuis le nez de marche.
C'est le repère naturel d'un escalier : il monte avec les marches, et la main courante monte avec lui. Elle reste à la même distance de la marche sur toute la volée.
Une applique posée à hauteur fixe n'a pas ce repère. Elle est loin du nez de marche en bas de volée, et beaucoup plus près en haut.
La cote que VARNYS retient, et comment la reporter
Pour une applique murale, VARNYS retient 1,60 à 1,80 m entre le sol et le centre du luminaire. C'est un choix de maison, énoncé comme tel : aucun des textes cités ici ne le porte.
Dans un escalier, ce repère au sol n'existe pas. VARNYS reporte alors la cote depuis le nez de la marche située à l'aplomb de l'applique.
La hauteur monte ainsi avec la volée, comme la main courante. Devant une autre valeur, le test reste le même : quelle est la référence ? Un arrêté a une date, une norme a un numéro.
02Les cotes d'un escalier, et celle qui manque
L'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l'accessibilité des bâtiments d'habitation traite, à son article 12, de l'escalier intérieur des logements réalisés sur plusieurs niveaux.
Il en fixe la géométrie. Lorsque l'escalier est inséré entre parois pleines, il demande au moins une main courante, par renvoi à un autre article du même texte qui en donne la hauteur.
| Ce qui est coté | La valeur | Le texte |
|---|---|---|
| Hauteur d'une marche | 18 cm au plus | Arrêté du 24 décembre 2015, art. 12 |
| Giron | 24 cm au moins | Arrêté du 24 décembre 2015, art. 12 |
| Largeur de l'escalier | 0,80 m au moins | Arrêté du 24 décembre 2015, art. 12 |
| Main courante | 0,80 m à 1,00 m | Arrêté du 24 décembre 2015, art. 7 et 6.1 |
| Dispositifs de commande | 0,90 m à 1,30 m du sol | Arrêté du 24 décembre 2015, art. 11 |
| Luminaire mural | aucune cote | — |
Ces cotes visent les logements neufs.
Une exception mérite d'être connue. Le code de la construction et de l'habitation, à son article R. 162-5, exclut du champ de l'accessibilité les maisons individuelles dont le propriétaire a entrepris la construction pour son propre usage.
Autrement dit, la maison qu'on se fait construire pour soi n'y est pas soumise.
03Les lux écrits pour un escalier, et pour quels bâtiments
Il existe bien des niveaux d'éclairement chiffrés pour un escalier. Encore faut-il savoir qui ils obligent.
Trois textes, trois périmètres
L'arrêté du 24 décembre 2015 fixe, à son article 10, l'éclairage des parties communes des bâtiments d'habitation collectifs neufs.
Il demande 150 lux pour chaque escalier intérieur, 100 lux pour les circulations intérieures horizontales, et 20 lux pour les cheminements et escaliers extérieurs.
Ce sont des éclairements moyens horizontaux, mesurés au sol. L'arrêté du 20 avril 2017 reprend les mêmes valeurs d'escalier pour les établissements recevant du public neufs.
Le code du travail, lui, demande moins : son article R. 4223-4 fixe 60 lux pour les escaliers et les entrepôts, et 40 lux pour les voies de circulation intérieure d'un lieu de travail.
Aucune de ces valeurs d'éclairement ne vise l'intérieur d'un logement privé. La première s'applique aux parties communes, la deuxième aux établissements recevant du public, la troisième aux lieux de travail.
Ce que VARNYS retient pour un escalier privé
Faute de valeur écrite pour le logement, VARNYS retient 150 lux dans un escalier, soit le niveau que les textes demandent à un escalier de partie commune.
C'est un choix de maison, énoncé comme tel. Il a l'avantage d'être aligné sur la valeur que les textes d'accessibilité retiennent pour un escalier de partie commune.
04La commande de l'éclairage, exigée à chaque niveau
Parmi les textes cités ici, un seul vise directement l'éclairage d'un escalier de logement : l'article 12 de l'arrêté du 24 décembre 2015.
Il demande que « l'escalier doit comporter un dispositif d'éclairage artificiel supprimant toute zone sombre, commandé aux différents niveaux desservis ».
Concrètement, cela veut dire un point de commande à chaque niveau desservi : en haut et en bas d'une volée simple, à chaque palier si l'escalier en dessert plusieurs.
L'arrêté du 3 août 2016, qui réglemente les installations électriques des logements, demande pour sa part au moins un point d'alimentation d'éclairage par pièce, sans dire où le placer.
Il renvoie à la norme NF C 15-100 pour la présomption de conformité. Quant à la hauteur de ces commandes, elle reste celle de tout le logement neuf : entre 0,90 m et 1,30 m du sol, à l'article 11 du même arrêté du 24 décembre 2015.
05Ce que la lumière est là pour faire lire : le nez de marche
La hauteur de l'applique n'est pas une fin. Ce qui se joue dans un escalier, c'est la lisibilité du bord de chaque marche.
Le repère de sécurité que l'arrêté cote
L'article 7 du même arrêté du 24 décembre 2015 demande, pour les escaliers des parties communes, des nez de marche contrastés visuellement par rapport au reste de l'escalier sur au moins 3 cm en horizontal, et non glissants.
La première et la dernière marche reçoivent une contremarche d'au moins 0,10 m de hauteur, elle aussi contrastée. Un revêtement d'éveil de la vigilance est posé à 0,50 m de la première marche, à l'étage supérieur.
Un point à connaître : ce texte exige un contraste visuel sans en fixer le taux. Aucun pourcentage n'y figure.
Ce que la recherche mesure, et ce que le texte demande à la lumière
Une étude publiée en 2015 par le programme de recherche en santé publique du National Institute for Health Research, conduite par Elliott, Foster, Whitaker et leurs coauteurs, a mesuré l'effet du marquage des nez de marche.
Les sujets avaient une vision volontairement dégradée, de façon à rendre l'effet du contraste mesurable.
Avec un marquage à fort contraste de 5,5 cm accolé au bord de la marche, les frottements de talon tombent à 2,5 %, contre 15 % sans marquage. Et un marquage posé seulement 3 cm en retrait du bord dégrade significativement les marges de passage du pied.
Le bord de la marche doit donc se lire, et se lire au bord exact. C'est ce que la lumière doit servir.
L'article 10 déjà cité, celui des parties communes, pose la contrainte inverse : la mise en œuvre des points lumineux doit éviter tout effet d'éblouissement direct.
Il ajoute deux règles utiles à connaître. Si l'éclairage est temporisé, l'extinction doit être progressive. S'il est commandé par détection, deux zones successives doivent se chevaucher, sauf dans un escalier hélicoïdal.
Reste le paramètre qui décide de tout cela chez soi : le sens du flux. Une applique ouverte vers le haut éclaire le plafond et renvoie une lumière indirecte sur les marches ; une applique fermée vers le bas fait l'inverse.
Ce sens est décrit sur la fiche de chaque modèle, comme pour les appliques murales VARNYS et le sens de leur flux.
06Questions fréquentes
QQuelle est la norme d'éclairage pour les escaliers ?
Les valeurs écrites visent les parties communes des immeubles neufs et les établissements recevant du public : 150 lux pour chaque escalier intérieur, selon l'arrêté du 24 décembre 2015 et celui du 20 avril 2017. Le code du travail demande 60 lux dans les escaliers d'un lieu de travail. Aucune de ces valeurs ne vise l'intérieur d'un logement privé.
QQuelle applique dans un escalier ?
Les textes d'accessibilité ne désignent aucun type d'appareil : ce qu'ils demandent, pour les parties communes, est un résultat mesuré au sol et l'absence d'éblouissement direct. Ce qui compte est donc le sens du flux et la façon dont la source est masquée, plus que la catégorie du luminaire.
QComment éclairer une montée d'escalier ?
En commandant l'éclairage aux différents niveaux desservis, ce que l'arrêté du 24 décembre 2015 impose dans un logement neuf réalisé sur plusieurs niveaux, et en faisant lire le bord de chaque marche. Le même texte demande un dispositif supprimant toute zone sombre.
QQuelle est la réglementation concernant l'éclairage ?
Dans un logement, l'arrêté du 3 août 2016 demande au moins un point d'alimentation d'éclairage par pièce, sans imposer sa localisation, et renvoie à la norme NF C 15-100 pour la présomption de conformité. Les niveaux d'éclairement en lux relèvent, eux, de textes qui visent les parties communes, les établissements recevant du public et les lieux de travail.