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  • Plafonnier plat à diffuseur opalin allumé au centre du plafond d'un séjour clair, murs blanc cassé et sol de chêne.
  • Est-ce que la terre est obligatoire sur un luminaire ?

    Varnys


    Une norme internationale répartit les appareils électriques en classes de protection. Reste à savoir ce que recouvre cette classe, et ce que les textes en disent.

    Suivent deux points concrets : la borne de terre du luminaire, et le fil vert et jaune qui sort du plafond et qu'on ne sait plus où mettre.

    Un point de fond reste à voir : le rôle du conducteur de protection en cas de défaut. Et ce que le diagnostic électrique en relève.

    À retenir
    1Classe I : masses reliées à la terre. Classe II : masses non reliées, et pas de borne.
    2La classe II est une protection à part entière, pas un luminaire moins bien équipé.
    3La terre ferme la boucle qui permet au dispositif de protection de couper.
    464 % des logements de plus de quinze ans ont une mise à la terre défectueuse.

    01Ce qui décide, c'est la classe du luminaire

    La terre est requise sur un luminaire de classe I. Elle n'a pas lieu d'être sur un luminaire de classe II. Tout le reste découle de là.

    Trois classes, trois régimes

    La notion de classe est définie par la CEI 61140, « Protection contre les chocs électriques — Aspects communs aux installations et aux matériels », une norme qui vaut pour les installations comme pour le matériel.

    La norme propre aux luminaires est la NF EN IEC 60598-1 de mars 2021. Elle consacre une section entière aux dispositions en vue de la mise à la terre.

    L'INRS résume les trois régimes ainsi : classe I, isolation principale et masses reliées entre elles et à la terre ; classe II, isolation renforcée ou double isolation et masses non reliées à la terre.

    La classe III, elle, désigne un appareil alimenté en très basse tension de sécurité.

    La CEI 61140 définit également une classe 0. L'OPPBTP indique qu'elle est interdite dans toutes les applications professionnelles en France, en renvoyant au code du travail.

    Où la classe est traitée

    La classe n'est pas un argument commercial : c'est une caractéristique que la norme produit encadre. Le domaine d'application de la NF EN IEC 60598-1 couvre explicitement la classification et le marquage des luminaires.

    C'est donc du côté de l'appareil lui-même que la réponse se cherche, avant la pose.

    Le fil de terre n'a pas toujours où aller Classe I la protection est raccordée Classe II ? rien où la raccorder Classe I masses reliées entre elles et à la terre Classe II masses non reliées à la terre Le trait doré figure le conducteur de protection Ni Promotelec, ni l'INRS, ni l'OPPBTP ne traitent ce cas.
    Un luminaire de classe II ne comporte aucun moyen de raccordement de la masse : il n'y a rien à y raccorder.

    02Un luminaire de classe II n'a pas de borne de terre

    Promotelec le formule sans ambiguïté : un matériel de classe II ne comporte pas de moyen de raccordement de la masse à un conducteur de protection.

    La question « faut-il brancher la terre ? » n'a donc pas d'objet sur un appareil de ce type : rien n'y est prévu pour la recevoir.

    Et ce n'est pas un appareil moins bien équipé. Promotelec range l'emploi de matériel de classe II parmi les mesures de protection contre les contacts indirects, au même titre que la coupure automatique de l'alimentation.

    La double isolation n'est pas l'absence d'une protection : c'en est une autre.

    03Le fil vert et jaune qui reste sans emploi

    Voilà le cas réel : le plafond fournit trois conducteurs, le luminaire n'en accepte que deux.

    Un trou dans le référentiel, dit comme tel

    Les fiches de Promotelec, de l'INRS et de l'OPPBTP consultées pour cet article ne traitent pas le sort d'un conducteur de protection présent mais non utilisé. Le cas n'y figure pas.

    Aucune consigne de pose ne sera donnée ici, faute de texte pour la porter.

    Le raccordement d'un luminaire gagne à être confié à un électricien qualifié, et c'est à lui que la question se pose.

    Les couleurs, et ce qu'elles ne prouvent pas

    Promotelec rappelle la règle : le vert et jaune est réservé au conducteur de protection, et cette bicoloration a été retenue précisément pour repérer une fonction de sécurité.

    Le neutre est bleu clair. La phase, elle, peut prendre toute couleur sauf le bleu et le vert et jaune — elle n'est donc pas obligatoirement rouge, contrairement à ce qu'on croit souvent.

    Promotelec range d'ailleurs l'absence de conducteur vert et jaune parmi les signaux électriques à faire examiner avant d'acheter un logement ancien.

    04Ce que la terre fait vraiment en cas de défaut

    On parle de la terre comme d'une sécurité en soi. C'est plus précis que cela, et la précision change la compréhension.

    La boucle de défaut

    L'INRS définit le contact indirect comme un contact entre une partie du corps humain et une masse conductrice mise accidentellement sous tension. La mesure de prévention associée est la mise à la terre des masses avec coupure automatique de l'alimentation.

    Promotelec en donne la condition physique : cette coupure automatique requiert une boucle de défaut permettant la circulation du courant, et un dispositif de protection coupant l'alimentation dans un temps de sécurité.

    Ce qui manque en l'absence de conducteur de protection n'est donc pas un confort : c'est la boucle de défaut que Promotelec décrit comme nécessaire à la coupure automatique.

    Quatre protections, et une question laissée ouverte

    Promotelec énumère quatre mesures contre les contacts indirects : la coupure automatique, l'emploi de matériel de classe II, la très basse tension de sécurité, et les dispositifs différentiels de sensibilité inférieure ou égale à 30 milliampères.

    Le différentiel remplace-t-il la terre ? Les sources n'y répondent pas frontalement, et il serait imprudent de le faire à leur place.

    Ce qu'elles disent : pour les immeubles existants, Promotelec présente le différentiel 30 milliampères et la liaison équipotentielle supplémentaire comme des mesures à prendre en attendant la réalisation de la prise de terre.

    Et la Commission de la sécurité des consommateurs écrit que la sensibilité du différentiel doit être appropriée aux conditions de mise à la terre.

    05Ce que le diagnostic électrique regarde, sans obliger à rien

    L'état de l'installation intérieure d'électricité est défini par l'arrêté du 28 septembre 2017 et par la norme NF C 16-600 de juillet 2017.

    Il porte sur six domaines. La prise de terre et l'installation de mise à la terre y figurent, associées dans un même domaine au dispositif de protection différentiel placé à l'origine de l'installation.

    Ce diagnostic est obligatoire à la vente depuis 2009 pour les installations de plus de quinze ans, et l'information du locataire depuis 2016. Il n'impose aucuns travaux : il constate.

    Le baromètre 2024 de l'Observatoire national de la sécurité électrique donne la mesure du sujet. Sur les logements de plus de quinze ans, 83 % comportent au moins une anomalie.

    Et le premier poste d'anomalie est précisément celui-ci : 64 % présentent une « prise de terre et installation de mise à la terre défectueuses ».

    C'est aussi pourquoi la classe mérite d'être regardée avant l'achat, qu'il s'agisse d'une applique ou d'un modèle de la collection de plafonniers VARNYS.

    06Questions fréquentes

    QEst-ce grave de ne pas brancher la terre ?

    Sur un luminaire de classe II, il n'y a pas de borne : la question ne se pose pas. Sur un luminaire de classe I, la liaison des masses à la terre est ce qui permet la coupure automatique de l'alimentation, laquelle requiert, selon Promotelec, une boucle de défaut permettant la circulation du courant.

    QFaut-il mettre la terre sur un plafonnier ?

    Cela dépend de sa classe, pas du fait que ce soit un plafonnier. La classe est une caractéristique que la norme produit encadre : le domaine d'application de la NF EN IEC 60598-1 couvre explicitement la classification et le marquage des luminaires.

    QQue faire si mon luminaire n'a pas de fil de terre ?

    Un luminaire de classe II ne comporte pas de moyen de raccordement de la masse à un conducteur de protection, selon Promotelec : l'absence de fil de terre est donc normale sur ce type d'appareil. Le sort du conducteur resté libre au plafond n'est traité par aucune des fiches consultées, et relève de l'électricien qui intervient.

    QComment brancher un luminaire à 2 fils sans terre ?

    Un luminaire de classe II ne prévoit aucun raccordement de la masse à un conducteur de protection : il n'y a pas de borne de terre à alimenter. Le raccordement lui-même gagne à être confié à un électricien qualifié, d'autant que l'identification des conducteurs, dans une installation qu'on ne connaît pas, relève de lui.

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